De notre envoyé spécial en Ukraine – Un an après l’échec de son invasion à grande échelle, Moscou a rassemblé 320 000 soldats dans la région orientale du Donbass pour submerger les défenses ukrainiennes. En attendant le déploiement de nouvelles armes occidentales, les forces de Kiev peinent à tenir leurs lignes avec leurs équipements obsolètes. Reportage France 24.
Au son des tirs d’artillerie, une unité ukrainienne creuse de nouvelles tranchées à l’aide d’engins de chantier à quelques kilomètres de la ville orientale de Bakhmout. Les forces de Moscou y gagnent peu à peu du terrain par des attaques frontales quasi suicidaires dignes de la Première Guerre mondiale, appuyées par des mercenaires wagnériens bien équipés. Alors que la mainmise russe se resserre sur Bakhmout, désormais proche de l’encerclement, les forces ukrainiennes ajoutent de nouvelles lignes défensives sur lesquelles se replier.
« Cette ligne est fortifiée au cas où Bakhmout tomberait », a déclaré le soldat Igor à France 24 du haut d’une colline. L’objectif de l’Ukraine : faire en sorte que la chute de cette ville ne se transforme pas en une percée pour les forces russes.
« Nous sommes prêts à payer le prix pour gagner », déclare Igor, faisant allusion au grand nombre de soldats ukrainiens tombés, « mais la victoire est désormais entre les mains de nos alliés qui doivent nous fournir de meilleures armes ».
Nous avons entendu ce mantra de presque tous les soldats lors de nos visites dans les zones sensibles de la ligne de front, dans le Donbass. Et la demande d’armes occidentales supplémentaires augmente à mesure que la Russie progresse.
Après avoir un temps misé sur la guerre d’usure en envoyant au front des forçats mal entraînés, comme à Bakhmout, la Russie semble avoir changé de stratégie. Dans des zones telles que Kreminna ou Vuhledar, l’Ukraine fait désormais face aux assauts d’unités mécanisées professionnelles.
Les blindés occidentaux ne devant arriver qu’à la fin du printemps ou de l’été, les forces de Kiev n’ont d’autre choix que de se défendre avec leur équipement de l’ère soviétique.

Plusieurs chars T-64, T-72 et T-80 vieillissants sont disséminés dans une pinède à une vingtaine de kilomètres des lignes russes. Sur leur blindage, le numéro accolé à la lettre « T » donne une idée approximative de la date d’entrée en service des premiers modèles. Les membres d’équipage que nous avons rencontrés n’étaient même pas nés à l’époque.
« Pas assez d’armure pour repousser les Russes »
Une fois que les soldats ont reçu les coordonnées de leur cible, les chars se rapprochent, par…

