Le Cameroun est secoué par une affaire d’une gravité exceptionnelle. Saint-Désir Atango, figure connue pour ses prises de position radicales, a provoqué une onde de choc ce jeudi en revendiquant, dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, avoir entretenu des rapports sexuels avec deux de ses filles, qu’il qualifie de « consentis ». Des aveux glaçants, justifiés par une rhétorique anti-coloniale délirante, qui suscitent indignation et effroi.
Dans son texte, l’homme de 58 ans, se présentant comme « Christ » et « animiste fondamentaliste », prétend œuvrer à la « libération de l’Afrique » en rejetant les « dogmes religieux coloniaux », justifiant ainsi l’inceste par une volonté de préserver un prétendu « sang pur africain« . Il affirme avoir eu un enfant il y a un mois avec l’une de ses filles, aujourd’hui âgée de 31 ans.
Ces révélations surviennent dans un contexte tendu : Atango est engagé dans l’aménagement controversé du lac Akak 1, en collaboration avec cette même fille, et brigue la chefferie traditionnelle du groupement d’Ebang, dont l’élection est prévue dans deux jours. Il affirme que ses aveux sont utilisés pour l’écarter, en lien avec sa demande de réouverture d’un dossier sensible : la mort en 2018 du chef Betene Anguissa.
Mais pour les spécialistes, la gravité des faits dépasse toute instrumentalisation politique. « C’est un schéma classique d’emprise psychologique, où l’auteur transforme sa domination en idéologie », explique la psychologue clinicienne Dr Alice, dénonçant une tentative de légitimation des violences incestueuses.
Le Code pénal camerounais, en son article 360, ne laisse place à aucune ambiguïté : l’inceste est passible d’une peine d’un à trois ans de prison et d’une amende allant jusqu’à 500 000 francs CFA. Me Émilie Keng, avocate au barreau de Yaoundé, est formelle : « Le consentement n’est pas recevable dans ces cas d’autorité parentale. La justice doit agir pour protéger les victimes ».
Le procureur de la République et le ministère de la Justice n’ont pas encore réagi officiellement. Une enquête préliminaire serait toutefois en cours.
Cette affaire, qualifiée par certains intellectuels de « manifeste de l’horreur », pose une question fondamentale : jusqu’où peut-on laisser l’idéologie masquer l’inacceptable ? Dans ce drame mêlant pouvoir, tradition et abus, c’est désormais à la justice camerounaise de répondre.
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