Des accusations graves de « harcèlement sexuel », « outrage privé à la pudeur », « menaces sous conditions », « chantage », « blessures légères », et « diffamation » pèsent sur le président de la Commission des droits de l’homme du Cameroun, James Mouangue Kobila. La plaignante, Judith Esperance Nkoute Messah, l’une de ses collaboratrices, a déposé une plainte au Tribunal de première Instance de Yaoundé, détaillant des comportements abusifs et un mécanisme d’emprise de la part du président de la Commission.
La collaboratrice, dans la trentaine, relate que le président l’aurait régulièrement convoquée dans son bureau, la retenant souvent tard dans la soirée. Elle affirme qu’en juillet 2021, Mouangue Kobila lui aurait déclaré son amour et aurait exprimé quotidiennement ses sentiments, l’étreignant et l’embrassant dans le cou contre son gré.
Le président de la Commission des droits de l’homme rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de fuite en avant d’une collaboratrice cherchant à échapper à des procédures disciplinaires engagées contre elle au sein de la commission.
Ces allégations sont jugées extrêmement graves par des organisations de défense des droits de l’homme. Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de Nouveaux Droits de l’Homme, souligne que de telles accusations portées contre le responsable d’une Institution Nationale des Droits de l’Homme sont préoccupantes. Elle appelle à une enquête approfondie, soulignant l’importance de protéger la victime de toute pression.
Benjamin Balla Onambele, coordonnateur de l’Association Camerounaise des Droits de l’Homme, de l’enfant et de la famille, estime que même si le président jouit de la présomption d’innocence, il devrait être déchargé de ses fonctions pour préserver l’image de la Commission des Droits de l’Homme. La justice camerounaise est appelée à traiter cette affaire avec rigueur pour restaurer la sérénité et l’image de l’institution nationale.

