À la veille de la Fête de l’Unité, Issa Tchiroma Bakary revendique sa victoire et attaque le régime

Cameroun Actuel
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Défiant ouvertement le statu quo politique, le chef de l’opposition, Issa Tchiroma Bakary, a adressé un discours virulent à la nation à la veille du 54ᵉ anniversaire de la fête nationale du Cameroun, réaffirmant sa prétention d’être le dirigeant légitime du pays.

Cette allocution, diffusée en même temps que les préparatifs de la fête de l’Unité nationale, le 20 mai, était largement axée sur les résultats contestés de l’élection présidentielle. S’exprimant devant le drapeau camerounais bien en évidence, Issa Tchiroma Bakary a profité de cette tribune pour rejeter l’appareil d’État et exposer ce qu’il considère comme une impasse critique pour la démocratie du pays.

« Une mascarade, pas une élection »

Tout au long de son discours, Bakary a ciblé ses critiques directes sur les institutions chargées de valider le processus électoral, affirmant que les chiffres officiels publiés par le Conseil constitutionnel ne correspondaient pas aux suffrages exprimés par les citoyens. « Il n’y a pas eu d’élection ; c’était une mascarade », a déclaré Bakary, réitérant sa condamnation du système électoral. « Nous avons gagné sans équivoque, et les résultats officiels constituent une totale déformation de la volonté souveraine du peuple camerounais. »

Il a insisté sur le fait que l’administration actuelle ne dispose pas du mandat moral et démocratique nécessaire pour diriger le pays, pointant notamment du doigt les irrégularités qui, selon sa campagne, se sont produites lors des phases de vote et de dépouillement. « Les institutions chargées de défendre notre démocratie ont choisi de protéger l’élite dirigeante », a déclaré Bakary. « On ne peut bâtir l’unité nationale sur des votes volés et des fraudes institutionnelles. »

Appel aux libertés civiles et à la liberté d’information

Une part importante du discours de Bakary a porté sur la fermeture des espaces civiques et la répression des voix dissidentes au Cameroun. Il a soutenu qu’une véritable unité nationale ne peut exister dans un contexte d’intimidation politique ou de censure.

« Il ne peut y avoir de démocratie sans une véritable liberté d’informer et d’être informé », a déclaré Bakary, soulignant les difficultés rencontrées par les journalistes indépendants et les militants politiques qui ont remis en question l’autorité de l’État. « Une nation qui craint la vérité est une nation dont les fondements s’effondrent. » Il a appelé les citoyens et les observateurs internationaux à reconnaître sa position parallèle, présentant sa résistance continue non comme une tentative personnelle de prise de pouvoir, mais comme une défense des libertés civiles.

« Nous ne contestons pas simplement des chiffres manipulés ; nous luttons pour le droit fondamental de chaque Camerounais de choisir son propre destin sans crainte de représailles », a déclaré Bakary.

Un climat tendu pour la Fête nationale

L’utilisation fréquente par Bakary du titre de « Président élu » à la veille du 20 mai introduit de profondes tensions politiques dans une journée censée symboliser l’unité des diverses régions du pays. Alors que le gouvernement maintient ses préparatifs pour les traditionnels défilés militaires et civils sur le boulevard du 20 mai, le discours de Bakary offre un récit totalement différent à une opinion publique polarisée.

Le chef de l’opposition a conclu son allocution en exhortant ses partisans à rester résilients mais pacifiques, tout en réaffirmant qu’il ne renoncerait pas à sa prétention à la présidence. « L’aube du changement ne peut être indéfiniment retardée par des décrets ou la force », a déclaré Bakary. « La vérité des urnes finira par triompher. »

Les représentants du gouvernement à Yaoundé n’ont pas encore réagi officiellement à la diffusion de l’information ni à l’emploi explicite par Bakary de titres officiels dans son discours.

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