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Volley-ball : “Il faut programmer la réussite”

Le président de la Fédération camerounaise de volleyball pose un regard sur le dernier classement mondial des équipes camerounaises et parle des projets à venir.

Le classement Fivb a été rendu public il y a quelques jours. Quelle est votre appréciation du classement des équipes du Cameroun ? 

Ce classement est en droite ligne avec l’évolution des équipes camerounaises ces derniers temps. Chez les hommes, on peut être satisfait d’avoir fait du surplace puisque nous étions 24ème au dernier classement.

Par contre, en Dames, c’est avec un pincement au cœur qu’on constate que nous avons reculé. Nous étions 17e mondial devant le Kenya. Mais, il se fait tout simplement que nous avons mal négocié deux tournois majeurs notamment, la Coupe du monde disputée au Japon et le tournoi de qualification aux Jeux olymques.

D’un autre côté, il faut comprendre que c’est un classement-global qui ne concerne pas que l’Afrique. On se rend aussi compte qu’il y a d’autres équipes présentes sur d’autres continents, qui ont beaucoup travaillées et ont surpassées le Cameroun et même le Kenya au ranking mondial, parce que ce sont des équipes qui étaient derrières nous.

Chez les dames le Cameroun a quand même disputé des matchs amicaux avec des pays d’envergure…

Ouf ! Mais en volleyball, les matchs amicaux ne comptent pas beaucoup. Lp classement de la Fédération internationale de volleyball est fait selon un canevas très précis. Il y a les Jeux olympiques, les tournois intercontinentaux, les tournois continentaux, les ligues etc.

Donc ce n’est pas la même chose. Nous avons certainement joué quelques matchs amicaux. Cependant, cela n’a pas compté. Je voudrais quand même dire que ce classement nous interpelle -au niveau de notre présence effective sur l’échiquier mondial.

Nous n’arrivons pas toujours à participer à de grandes compétitions, parce que nous n’avons pas suffisamment de moyens. C’est la raison pour laquelle, si nous voulons garder le cap et atteindre les cimes en Afrique, il faut immédiatement mettre en place un programme sur quatre à cinq ahs.

Les premiers fruits ne pourront être perceptibles que d’ici 2024. D’où la nécessité de travailler très dur dans les années qui arrivent notamment dès 2021 où il faudra chez les Dames conserver la couronne africaine. Chez les hommes par contre, ce sera difficile.

Nous allons traverser une période de disette. Ce sera l’occasion de mettre en place un programme sur du moyen terme c’est-à-dire 2028 afin d’atteindre le niveau de l’Egypte ou de la Tunisie. C’est la raison pour laquelle, il faut conjuguer les efforts. Nous serons à cet effet, obligés de mettre une Stratégie sur pied à moyen et à long terme.

Qu’est-ce qui peut expliquer cette période difficile chez les messieurs, pourtant il y a des jeunes qui montent ? 

Il y a un faussé énorme entre le niveau de ceux qui sont à l’équipe nationale actuellement et celui des joueurs des sélections inférieures. De plus, la plus part des joueurs présents à l’équipe nationale seniors ont une moyenne d’âge comprise entré 30 et 35 ans.

Maintenant, ils sont appelés à laisser la place aux jeunes. Malheureusement, ces jeunes ne peuvent pas être aguerris rapidement au niveau mondial. Nous allons tout mettre en œuvre pour ne pas dégringoler sur le plan africain.

Nous maintenir au troisième rang africain en messieurs durant les cinq prochaines années serait une performance. Au regard des politiques mises sur pieds nous croyons qu’en 2025, nous aurons une très bonne équipe nationale. Vous pouvez me dire que c’est long.

Mais, c’est la voie à suivre. Il n’y a pas de génération spontanée. Il faut programmer la réussite. C’est ce que nous essayons de faire. Par contre, chez les filles, nous avons les moyens de remonter la pente. Il suffirait que nous gagnions la Can 2021. Que nous allions au Championnat du monde et que nous passions le premier tour. On reprendra rapidement le dessus sur .le Kenya.

Qu’est-ce qui explique cette intégration facile des jeunes chez les dames ?

C’est parce que nous avons mis en place une politique de détection permanente chez les filles depuis pratiquement quatre ans à travers le Projet de vie Volleyball (P2V) où nous avons pu fédérer un ensemble de ressources humaines avec des qualités morphologiques essentielles, quf nous font’croire que nous allons tenir le cap.

Au niveau international, je voudrais dire que ce sont ces jeunes filles qui ont remporté la médaille aux derniers Jeux africains de la jeunesse en Algérie. Parmi ces jeunes filles, il y en a aussi qui ont remporté la médaille de Bronze à la dernière coupe d’Afrique Juniors au Kenya. Donc en termes de relève en Dames, je voudrais vous rassurer.

Il faudra seulement maintenir le Cap en mettant ces filles dans un système sport/étude.Surtout que la formation et compétitivité y soient. Il ne suffit pas simplement de mettre des filles ensemble. Il faudrait y intégrer de la compéti-tivé.

D’où la nécessité d’avoir un championnat national compétitif et d’où les réformes que nous avons effectuées au niveau de l’organisation de la Camtel volleyball championship avec l’introduction de l’Open Camtel et du championnat sectoriel.

Par contre, malgré le fait que nous ayons renouvelé les ressources humaines chez- les hommes, il faut dire que le gabarit n’est pas bon. C’est pourquoi, nous allons reprendre le casting.

Au moment où je vous parle, nous avons six jeunes qui ont dans les deux mètres âgés entre 16 et 17 ans que, nous allons intégrer dans notre projet. Donc, nous allons ouvrir le Projet de vie Volleyball aux garçons dans les prochains mois, pour pouvoir suivre la trajectoire mondiale. Nous nous battrons pour remonter la pente.

On constate qu’avec l’Open volleyball Camtel doté de récompenses individuelles et collectives, il y a une certaine émulation. Songez-vous à organiser ce type de compétition dans les catégories inférieures ?

Vous devez savoir que tout cela a un coût. Si vous voulez faire un tournoi open dans toutes les catégories, il faudra multiplier la cagnotte par 1,5. Pour le moment, nous n’avons pas encore ces moyens. Nous pensons que les jeunes sont à la sphère de l’apprentissage.

Il devrait continuer à travailler dans les centres de formation. A ce niveau, la spécialisation n’est pas encore définitive. Toutefois, nous réfléchirons sur la possibilité d’intégrer les « Prize money » de manière symbolique chez les Juniors afin de créer une sorte d’émulation entre les joueurs et créer une sorte de lisibilité et de traçabilité dans le choix par les entraîneurs des joueurs qui vont être sélectionnés dans les équipes nationales de la catégorie.

Que dire alors des moniteurs qui forment…

De temps en temps, nous faisons venir des entraîneurs de haut niveau au Cameroun. La dernière à être venue c’était Ruth Diboue, l’ancienne capitaine de l’équipe nationale, qui s’est occupée de l’équipe nationale cadette durant un regroupement où nous avons fait venir près de 25 enfants pour travailler avec les coaches.

Nous essayons aussi d’intégrer ces aspects techniques au niveau de la Direction technique nationale autour d’une plate-forme numérique où les encadreurs échangent entre eux.

C’est une plate-forme où tous les encadreurs ont des visuels pour améliorer leur technique d’entrainement et augmenter leur niveau de perfectionnement. Nous aurions aimé faire des stages des encadreurs de’ temps en temps. Mais parfois, nous n’avons pas les moyens pour les réunir.

Qu’est-ce qui motive la mobilité de l’Open volleyball Camtel ?

Au-delà de la compétition, nous avons un souci de vulgarisation. Nous avons une mission de service public. Le propre du service public est d’être partout. Nous essayons d’amener le volleyball dans tout le pays.

Nous voulons intéresser les collectivités locales dans l’avenir qui pourraient à moyen terme prendre en charge ce type de tournoi. Cela nous permettrait de financer ce genre d’activités. Nous voulons aussi encourager nos collaborateurs locaux qui n’ont pas la chance, de voir de grandes équipes jouer.

Tout à l’heure vous avez parlé de décentralisation et on se rend compte également que vous prenez attache avec différentes communes pour la construction des plates-formes. Est-ce que cela entre dans ce sillage-là ?

Au regard de la loi sur la décentralisation, il y aura une forte dose d’internationalisation sur les aspects sportifs au niveau des collectivités locales. Dès à présent, nous avons créé au sein de la Fécavol-ley toute une cellule avec pour mission de se rapprocher des collectivités locales pour la mise en place des plate-formes et surtout des gymnases.

Nos ingénieurs nous ont fait état de ce qu’on peut doter une commune d’un gymnase avec seulement 70 millions de FCfa. Si on veut atteindre le haut niveau, il va de soi qu’on ne peut pas toujours jouer sur du goudron ou de la terre ferme. Il faut que les enfants commencent à jouer dans des conditions idoines très tôt ft en salle.

Nous sommes déjà en contact avec certaines communes, pour qu’elles puissent intégrer dans leur projet de budget de manière triennale ces aspects. Nous espérons que cela va marcher, parce qu’on ne peut pas jouer au volleyball sans infrastructures adéquates.

Comme c’est le cas du projet de Mbangassina par exemple ?

Effectivement. Nous ayons dans le cadre de notre politique de construction de terrain da proximité dans certaines localités lancé un appel de fond pour rechercher le financement de la construction d’une aire de jeu à Mbangassina. Il s’agit simplement d’une opportunité que nous offrent les élites de cette localité.

Ces derniers ont mis à notre disposition du gravier et du sable. Ils se sont retournés vers la Fécavolley pour que nous puissions contribuer en donnant du ciment et du fer, C’est ainsi que nous avons appelé les volleyeurs à contribuer chacun à son niveau.

C’est un projet que nous allons finaliser au plus tard au mois de mai et de préférence avant le 20 mai pour que la jeunesse de Mbangassina puisse avoir un terrain propice à la pratique de la discipline.

Source: Le Jour

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