Le duel acharné entre Samuel Eto’o, président de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot), et Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports, a trouvé son épilogue hier soir. Après près d’un mois de tensions, le staff technique des Lions Indomptables, initialement désigné par la Fécafoot, a été maintenu, marquant une victoire évidente pour Eto’o.
Les semaines précédentes ont été marquées par des échanges virulents et des confrontations ouvertes entre les deux parties. Samuel Eto’o, fort de sa détermination et de son influence, a finalement réussi à imposer ses choix, malgré les « Très hautes instructions » invoquées par le ministre des Sports. Cette phrase emblématique de Samuel Eto’o, « j’ai le long bras de jour comme de nuit », a encore prouvé sa véracité.
Dans un communiqué publié tard dans la nuit, la Fécafoot a confirmé que le staff des Lions Indomptables, nommé par Samuel Eto’o après une session du comité d’urgence, serait maintenu. Cette annonce contredit les directives du ministre des Sports, qui avait désigné son propre staff le 2 avril dernier sous « hautes instructions du président de la République ». Ce staff devait initialement conduire les Lions Indomptables lors des matchs contre le Cap-Vert et l’Angola les 8 et 11 juin prochains.
Ce dénouement remet en question l’autorité des « Très hautes instructions du président de la République », qui ont guidé la gestion de l’État ces dernières années. Cette victoire de Samuel Eto’o pourrait affaiblir l’influence de certains membres du gouvernement, notamment le Secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.
Pour Narcisse Mouelle Kombi, la défaite est amère. L’ancien juriste et orateur de talent n’a pas su contrer les arguments de Samuel Eto’o, qui a régulièrement rappelé les termes du décret présidentiel de 2014. Ce décret confie à la Fécafoot la gestion administrative, sportive et technique des sélections nationales de football. La situation est d’autant plus humiliante pour le ministre des Sports qu’il pourrait être contraint de reconsidérer sa note de service du 29 mai dernier, affectant David Pagou, l’entraîneur adjoint, dans une autre région.
Cependant, Samuel Eto’o n’est pas sorti indemne de cette confrontation. Lors d’un point de presse, il a présenté ses excuses pour ses excès de colère. « Le peuple camerounais étant plus important que nous, c’est le seul intérêt qui doit nous animer à travailler », a-t-il déclaré, soulignant l’importance de l’unité et de la collaboration.
Le conflit a également mis en lumière les tensions internes au sein de la Fécafoot. Mardi dernier, une vive altercation avait opposé Samuel Eto’o et le sélectionneur belge Marc Brys, conduisant à une mise à pied temporaire de ce dernier. Finalement, Samuel Eto’o a dû réintégrer Brys, admettant la décision du ministre des Sports.
Au terme de ces semaines de pugilat, l’inspecteur général des services au ministère des Sports, Mbarga Dissake, a tenté de rassurer les fans de football. Il a évoqué une réunion à la présidence de la République, au cours de laquelle des directives claires ont été données. Cette intervention présidentielle laisse à penser que les questions de football au Cameroun ne se décident ni à la Fécafoot, ni au ministère des Sports, mais bien au plus haut niveau de l’État.
Ainsi, les matchs des 8 et 11 juin prochains contre le Cap-Vert et l’Angola se joueront sous la direction du staff technique initialement choisi par Samuel Eto’o, marquant une nouvelle ère pour les Lions Indomptables.







