Gabriel Maison, qui a organisé la transition entre Cepro et Bosch en 1963, vient de mourir en Bretagne dans sa 99e année. Retour sur le parcours d’un homme, à l’origine directeur financier, qui a su développer l’usine Bosch d’Onet-le-Château, près de Rodez, et qui a quitté l’Aveyron en 1984 en grand capitaine d’industrie.
Pour tous les Ruthènes, il était le « père de Bosch ». Gabriel Maison est décédé à Saint-Malo, dans sa 99e année. Ses obsèques auront lieu le jeudi 11 mai, à 14h30, à Dol-de-Bretagne. « Il s’est endormi paisiblement avec toute sa famille (1) autour de lui ; c’était très très beau », confie sa fille Anne-Marie.
Pour elle et ses trois frères et sœurs, il était inconcevable d’accompagner ce grand capitaine d’industrie jusqu’à sa dernière demeure sans prévenir tous ceux qu’il croisa en Aveyron entre 1963 et 1984. « Toute sa vie, il a emporté avec lui ses 21 années passées en Rodez. Il n’a jamais oublié son passage en Aveyron.
« C’était un visionnaire », selon le maire de Rodez
« J’ai connu Gabriel Maison quand j’étais capitaine en tant que cadet et en tant que junior. C’était un bienfaiteur pour l’économie locale », estime Christian Teyssèdre, le maire de Rodez, qui voit en l’ancien directeur de Bosch « un visionnaire ». Et d’ajouter, « la main-d’oeuvre qualifiée de Rodez était reconnue comme l’une des plus compétitives du groupe. C’est ce qu’il a su vendre à l’état-major et qui a permis de donner toujours plus de travail à l’usine de Rodez. »
Mais les temps ont changé. Aussi, à Onet-le-Château, le maire Jean-Philippe Keroslian, qui salue lui aussi la mémoire de Gabriel Maison, attend « le même dynamisme » de ses lointains successeurs, pour qu’ils portent le procédé Fresh H2 développé en usine. « Pour cela, les pouvoirs publics doivent légiférer afin d’apporter la sérénité sur les quais et dans les transports », conclut le maire d’Onet-le-Château.
Dominique Costes, le président de la CCI de l’Aveyron, salue pour sa part l’ancien dirigeant qui a fait de « Bosch la vitrine de l’industrie automobile aveyronnaise ».
Une usine passée de 420 à 1 421 salariés en 21 ans
C’est en 1963 que Gabriel Maison débarque à Onet-le-Château justement, pour organiser la transition entre Cepro et l’usine Robert Bosch. « Quand j’ai pris mes fonctions, l’effectif était de 420 salariés. Quand j’ai pris ma retraite, nous étions 1 421 », confiait-il, non sans fierté, quelques années plus tard, à Pierre-Marie Terral et Adélaïde Maisonabe qui l’ont interrogé pour la rédaction de leur livre. « Bosch, Rodez, une ville, une usine », paru en 2011 aux Editions Privat.
Gabriel Maison a laissé une grande empreinte en Aveyron.
Sa participation aux trente glorieuses du bassin industriel ruthène s’est traduite par de nombreux investissements…

