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Un joueur assassiné pour avoir marqué contre son camp en Coupe du monde

L’équipe de Colombie qui se qualifie pour la coupe du monde 1994 aux Etats-Unis est une véritable foudre de guerre. Lors des phases qualificatives pour le mondial, cette équipe a laissé entrevoir un jeu étincelant; elle a notamment étrillé l’Argentine 5 buts à 0.

Avant d’aller aux États-Unis, elle n’avait connu qu’une seule défaite en 26 rencontres. C’est donc tout naturellement qu’on s’attend à une très belle prestation de sa part. Même le roi Pélé mise beaucoup sur cette équipe et apprécie son jeu.

Cependant, contre toute attente, la Colombie s’incline d’entrée de jeu face à la Roumanie qui la lamine 3 buts à 1. Cette défaite passe mal en Colombie où le peuple croyait fermement à une victoire de la sélection nationale et où les cartels de drogue avaient misé une fortune sur la victoire de leur pays.

Le deuxième match de la Colombie s’annonce très décisif, la défaite est interdite; de plus, les joueurs et leurs familles sont menacés de mort en cas de défaite. La situation est tellement tendue que le jour du match, la police se rend aux domiciles des familles des joueurs pour assurer leur protection.

Ce 23 juin 1994, la Colombie affronte les Etats-Unis, le pays hôte, la nation colombienne est persuadée que son équipe nationale va relever la tête après le faux pas du premier match.

A la 35ème minute de jeu, le défenseur Andrés Escobar qui veut détourner un centre venu de la gauche, bat son gardien par inadvertance, le ballon atterrit dans ses propres filets. Ce but malheureux fut le premier et le dernier pour Escobar.

A la deuxième période, les Etats-Unis marquent un but et le score final est de 2 buts à 1. Les Colombiens sont éliminés de la compétition et plient bagages. Le peuple digère mal cette élimination et fait porter le chapeau en partie à Andrés Escobar qui a marqué dans son camp.

De retour à Medellin, Andrés Escobar qui se sent acculé, veut sortir pour rassurer son peuple et leur faire comprendre que la vie ne s’arrête pas après une défaite. Malgré les conseils de ses proches et de son coach Maturana qui lui demandent de ne pas sortir, le footballeur insiste en affirmant qu’il souhaite « montrer son visage » au peuple. Il décide d’aller communier avec le peuple dans une discothèque.

A la fin de la soirée, des inconnus s’approchent de lui, ils lui reprochent son but contre son camp. Andrés Escobar essaie tant bien que mal de se justifier, l’erreur est humaine. Le ton monte, l’un d’eux dégaine son pistolet et tire à 12 reprises sur le footballeur. L’assassin ponctue chaque tir en criant “Gol”, comme si chaque tir correspondait à un but marqué. Escobar avait à peine 27 ans.

Des obsèques nationales sont organisées pour le footballeur avec la participation de plus 120 000 personnes à Medellín. L’assassinat d’Andrés Escobar est un drame national qui a profondement choqué la colombie. Certains de ses coéquipiers vont carrément mettre fin à leurs carrières. Le peuple sera dégoûté par le football et désertera les stades. C’est la fin de l’âge d’or du football Colombien et la Colombie dégringole au classement FIFA.

L’assassin d’Andrés Escobar est interpellé, il s’agit du dénommé Humberto Munoz Castro garde de corps des frères Gallon, trafiquants de drogue de renom qui avait misé beaucoup d’argent sur leur sélection nationale. Le criminel est condamné à 43 ans de prison. Il est sorti de prison en 2005; libéré pour bonne conduite.

En Colombie, l’anniversaire de sa mort est célébré chaque année. En 2002, la ville de Medellín a érigé une statue à l’effigie d’Andrés, surnommé « l’immortel ».

Arol KETCH – 09.12.2022
Rat des archives

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