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Travaux routiers à Yaoundé et Douala : le chaos urbain à l’approche de la présidentielle

Le gouvernement s’est réveillé et s’est empressé de réparer le réseau routier délabré de Yaoundé et Douala, deux villes clés du pays, entraînant des pertes pour les citoyens et les entreprises.

Le calendrier des travaux, des années après les protestations répétées de la population, indique, selon les critiques, que le régime du RDPC cherche plutôt à exploiter les travaux routiers en cours pour sa campagne électorale, alors que le chef de l’État brigue un huitième mandat le 12 octobre.

La douleur et la frustration suscitées par ces travaux ont laissé les citoyens partagés. Si certains saluent les travaux, une majorité estime que leur lancement à quelques semaines des élections transmet un message différent.

Après l’essor des débats sur les travaux, la souffrance des populations reste préoccupante.

La circulation à Yaoundé et Douala est paralysée depuis des semaines, ce qui empêche de nombreux citoyens de se rendre à des rendez-vous cruciaux.

… Entrée Ouest de Douala : l’enfer

L’entrée Ouest de Douala, capitale économique, et les travaux en cours autour de Carrefour Mutzig ont laissé les voyageurs en provenance et à destination des régions de l’Ouest et du Sud-Ouest dans une situation amère.

Des milliers de citoyens n’ont cessé de déplorer que la circulation autour de l’entrée Ouest de Douala prenne jusqu’à quatre heures, voire plus.

Congestions, accidents et marchandises en décomposition sont autant de sujets qui ont éclipsé les travaux d’urgence de réfection de la route à Douala.

Nombreux sont ceux qui ne voient rien d’intéressant dans ces travaux, si ce n’est politiquement, insistant sur le fait que le tronçon était en mauvais état depuis des années et que le gouvernement n’avait rien fait.

Certains se rendent dans la capitale économique pour des raisons de santé, tandis que d’autres ont raté leur vol en raison des restrictions de circulation liées aux travaux. Ces éléments, dit-on, ajoutent aux détails de l’impact des travaux sur toute une nation.

Douala étant le centre économique du pays, les voyageurs affirment que tout ce qui se passe là-bas a un impact sur presque tous les secteurs de la vie nationale.

La plupart des commerçants auraient répercuté les coûts supplémentaires encourus, soit par la détérioration des marchandises, notamment alimentaires, soit par la hausse des prix pratiquée par les consommateurs.

Les chauffeurs, quant à eux, auraient légèrement augmenté leurs tarifs pour compenser le temps perdu et la consommation de carburant gaspillée à se frayer un chemin dans le trafic terrifiant de Douala.

La réfection des routes complique la vie à Yaoundé

Alors que la situation à Douala se concentre principalement à l’entrée Ouest, Yaoundé, connue depuis des années pour son réseau routier délabré, est à un tout autre niveau avec le spectacle des embouteillages.

La plupart des axes routiers fréquentés par les trois millions d’habitants de Yaoundé sont désormais bloqués ou partiellement ouverts. Dans la plupart de ces zones, l’ancienne couche de goudron a été excavée, tandis qu’ailleurs, plusieurs kilomètres de routes abandonnées ont été nivelées mais sont restées bloquées.

La situation a contraint les voitures particulières, les taxis, les motos et les camions transportant des marchandises à se bousculer pour circuler sur les rares autres routes encore ouvertes.

Les habitants disent avoir désormais du mal à quitter Yaoundé, en particulier dans les quartiers touchés.

Là où les routes ont été nivelées, le problème de la poussière est apparu, les pluies ayant continué à retarder leur retour à Yaoundé.

Avec le froid qui règne dans la ville, les habitants ne sont pas seulement étouffés par les embouteillages : certains disent souffrir également de catarrhe, de toux et d’autres maux saisonniers.

Nombreux sont ceux qui affirment qu’il semblerait désormais que Yaoundé compte plus de voitures et de motos que de routes nécessaires à leur circulation.

On observe également une forte perturbation des activités commerciales, notamment dans des zones comme l’axe Carrefour Biyem-Assi-Carrefour Obili. Ici, plusieurs familles qui survivent grâce aux commerces des chantiers tournent au ralenti.

Ceux qui luttent pour survivre à tout prix ont planté leurs tentes ailleurs en attendant la fin des travaux.

Les nombreuses agences de voyages présentes sur l’axe, qui transportent quotidiennement des milliers de personnes vers les régions du Nord-Ouest et de l’Ouest, notamment, ont également été temporairement déplacées vers d’autres quartiers de la capitale.

Le casse-tête concerne désormais à la fois les entreprises qui ont perdu des clients et les citoyens qui ne parviennent pas à retrouver leurs nouveaux lieux d’activité.

Constater une marée de véhicules, de motos et de piétons bloqués sur certaines portions de route à Yaoundé en raison des travaux est désormais monnaie courante.

Des travaux sont en cours sur des axes tels que : Carrefour Etoug-Ebe-Centre, Carrefour MEEC-Cité Verte, Cité Verte-Madagascar, Mbangkolo-Carrefour Golf, Shell Nsimeyong-Carrefour-Vogt, Carrefour Vogt-Mvolye et Carrefour Club France-Dakar, entre autres.

La reprise des cours aggrave la situation

Compte tenu de la tension qui règne dans les deux villes où les écoles n’ont pas encore repris, il est désormais prévu que la situation dégénère lorsque l’année scolaire 2025/2026 commencera le lundi 8 septembre.

Les critiques affirment que lorsque des milliers d’élèves commenceront à affluer dans les rues pour se rendre sur les campus, la congestion liée aux travaux routiers atteindra un niveau encore plus exaspérant.

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