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Tchiroma, griot devenu rebelle ? Jean Bruno Tagne décrypte une rupture qui dérange

Dans une publication ce 1ᵉʳ juillet 2025, le journaliste Jean Bruno Tagne tente d’expliquer pourquoi la démission d’Issa Tchiroma dérange. 

Comparée à celle de Bello Bouba Maigari, pourquoi la rupture d’Issa Tchiroma Bakary, le leader du FSNC, fait-elle tant couler d’encre et de salive ?  Pour le journaliste Jean Bruno Tagne, c’est parce qu’on garde de lui l’image même du griot de la République.

« Issa Tchiroma Bakari reste l’image même du griot de la République, thuriféraire infatigable, maître ès flatteries, plus biyaiste que les biyaistes eux-mêmes. Seize ans durant, il a cultivé l’art de l’éloge appuyé, du soutien sans réserve, jusqu’à en faire une marque de fabrique.

Alors, quand il claque la porte, les échos de ses anciennes envolées obséquieuses surgissent, lourds, presque gênants. Comment peut-on basculer aussi brusquement de la vénération à la rupture ? La question brûle les lèvres, tant l’ampleur du revirement est spectaculaire et suscite doute et consternation.

L’ancien héraut du Mémorandum du Grand Nord, dont il fut un des principaux acteurs et aussi l’un des principaux bénéficiaires, était-il sincère hier, ou aujourd’hui ? », affirme-t-il.

Dans une interview accordée à Brut, l’ancien allié du régime Biya a indiqué qu’il est impossible de rester attaché à l’incompréhensible. Il a bien expliqué que sa démission part d’une bonne période de constat ayant abouti à la conclusion selon laquelle, le pays n’est plus géré par le président de la République Paul Biya.

« On s’aperçoit que, par exemple, durant les quatorze dernières années, le chef de l’État qui préside aux destinées de notre nation, qui veille à ce que toutes les institutions se déroulent normalement, n’a pas organisé un seul Conseil des ministres…

La deuxième observation, le président de la République nous donne l’impression d’être distant. C’est à croire que le pouvoir a cessé de lui procurer le plaisir, l’honneur de présider aux destinées de notre nation. Par exemple, au niveau du gouvernement aujourd’hui, il y a quatre ministres, qui sont décédés et qui n’ont pas été remplacés », a-t-il déclaré.

Le journaliste Jean Bruno Tagne pense qu’il faudrait plutôt saluer l’acte posé par Issa Tciroma Bakary.

« Mais avant de le crucifier ou de vouer Tchiroma aux gémonies, souvenons-nous tout de même qu’en quarante-trois ans de pouvoir, seuls quatre ministres ont claqué la porte du gouvernement de l’ère Biya. C’est donc un acte de bravoure rare, une audace qu’on ne peut dénier à aucune de ces personnalités, pas même à Issa Tchiroma.

Personne ne lui donnerait le bon Dieu sans confession. Certes, il ne gagnera pas l’élection présidentielle d’octobre 2025, mais il aura accompli son devoir. Et s’il fait les bons choix, il peut entrer dans l’histoire et se laver de l’infamie d’avoir soutenu jusqu’à en perdre la raison ce régime agonisant », peut-on lire dans son analyse.

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