C’est une simple annonce sur les réseaux sociaux. Le 5 avril, l’Administration de la sécurité maritime du Fujian (Chine) a expliqué laconiquement qu’elle avait lancé une opération conjointe de croisière et de patrouille dans les parties nord et centrale du détroit de Taiwan. L’annonce, sans plus de détails, coïncide avec la rencontre, prévue mercredi en Californie (États-Unis), entre la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen et le président de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy.
Ce déploiement intervient après la démonstration de force de deux destroyers et d’une frégate de l’Armée populaire de libération (APL) en mer de Chine orientale, couplée à des tirs à balles réelles dimanche.
Washington, premier fournisseur d’armes de l’île
Le climat n’est pas aussi tendu qu’en août dernier lorsque l’ancienne présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, s’est rendue à Taïwan, un territoire que la Chine considère toujours comme réunifié et reconnu comme État par seulement 12 pays (1). Les États-Unis ont accordé leur reconnaissance diplomatique à la République populaire de Chine en 1979 mais exploitent largement la question taïwanaise à des fins de confrontation avec la deuxième puissance mondiale. Washington est ainsi le premier fournisseur d’armes de l’île.
Après une visite au Belize, le voyage du président taïwanais aux États-Unis « fera encore plus de mal » aux relations sino-américaines, déplorait la diplomatie chinoise en début de semaine. Le consulat chinois à Los Angeles, pour sa part, a indiqué que la réunion se « frapper les sentiments » des 1,4 milliard de Chinois et « avoir des répercussions sur le fondement politique des relations sino-américaines ».
Au même moment, l’ancien président de Taïwan, Ma Ying-jeou effectuait un remarquable voyage en Chine. « Malheureusement, en raison des troubles politiques et de la pandémie de Covid-19, le commerce est interrompu depuis des années, et cela m’inquiète de voir l’hostilité croissante des gens (à l’égard de la Chine) de l’autre côté du détroit », a-t-il commenté. Il s’agit du premier voyage d’un ancien dirigeant de l’île sur le continent depuis la fin de la guerre civile et la révolution de 1949. L’ex-président a réaffirmé le consensus de 1992 d’un « Une Chine » qui reste la base des pourparlers pour Pékin. « Nous sommes une famille et personne ne peut nous séparer. C’est le souhait commun des peuples des deux côtés de vouloir la paix, le développement et la coopération. »soutenu Song Tao, chef du bureau des affaires taïwanaises à Pékin.
Lors d’une visite au Mémorial des victimes du massacre de Nanjing par l’armée japonaise en 1937, Ma Ying-jeou a souligné qu’il fallait tirer des leçons de l’histoire : « nous ne devons pas envahir les autres ». Avant de lancer un appel au dialogue : « Une fois…

