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Succession de Victor Fotso: entre chantage et trafic d’influence

Alors que le patriarche n’est pas encore inhumé, les batailles font déjà rage pour sa succession à la tête de la mairie. Conformément à la loi électorale, le maire sera élu par les conseillers municipaux. Scrutin prévu ce lundi.

Les ressortissants de la commune de Pète-Bandjoun semblent n’avoir aucun respect pour leurs morts. Victor Fotso en paye aujourd’hui les frais. L’emblématique homme d’affaires décédé le 20 mars 2020 en France à 94 ans n’a même pas encore eu droit à des obsèques dignes d’une personnalité de son rang.

Que malheureusement ses proches décident d’organiser une danse macabre sur ses cendres encore chaudes. L’objectif final étant le contrôle de la mairie que l’illustre disparu avait, de 1996-2020, dirigée, sans éclats de voix.

Trois dinosaures originaires de cette localité ont clairement manifesté leur intention de succéder au patriarche milliardaire. Instaurant ainsi une ambiance délétère au sein de cette commune de 274 km2 pour 6 872 habitants (2012). Depuis la convocation du corps électoral en vue de l’élection du maire de la commune de Pète-Bandjoun, on assiste à toutes les manœuvres ignobles. Entre chantage et trafics d’influence, tout y passe.

L’ambiance devenant de plus en plus électrique, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir dont sont issus les principaux protagonistes, a tenté de siffler la fin de la recréation. Dépêché à Pète-Bandjoun, Akame Mfoumou se devait d’éteindre ce feu qui commençait sérieusement à embraser la localité. C’est lui en effet qui a été chargé ce week-end, d’aller superviser cette élection pour le compte du Rdpc.

Mission passablement réussie. Car, à l’issue de moult débats, les trois candidats déclarés pour la succession de Victor Fotso ont accepté fumer enfin le calumet de la paix. Le fauteuil de maire de Bandjoun devrait donc, sauf coup de tonnerre, revenir à Maptue Nicky Love Fotso. Cette dernière s’en est tirée avec quelques rides avant même que son père ne soit inhumé.

Succession familiale Maptue Nicky Love Fotso semblait d’ailleurs préparée à assumer cette fonction depuis son entrée au sein de l’exécutif communal de Pète-Band-joun, le 16 octobre 2013. Elle était 1er adjoint à son défunt de père depuis quelques années. Réélue le 9 février 2020, la fille de Victor Fotso ne fait tout de même pas l’unanimité.

Ses adversaires lui reprochent une certaine arrogance. Et surtout, l’envie de s’accaparer, contre vents et marées, de la gestion administrative de la mairie. «Seule lui manquait, du vivant de son père, la délégation de signature sur les actes officiels engageant la commune», entend-on dire à Bandjoun.

Une image écornée qu’elle tente vainement de laver à travers la remise des dons à certaines structures sanitaires de la Région de l’Ouest. Les principaux dirigeants des hôpitaux Ad Lucem de Pète, de Dja Bandjoun et Cebec de Mbouo ont reçu récemment chacun une enveloppe d’un million de FCFA et du matériel médical constitué de lits médicalisés, etc. Nicky Love Maptue Fotso a également offert, le 1er mai 2020,50 millions de FCFA au titre de soutien aux personnels de santé dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19 à Bandjoun.

Dans cette course à la mairie, David Kengne est annoncé pour occuper le poste de 1er adjoint. Emmanuel Chatue quant à lui sera désigné comme le candidat de la commune pour le poste de président du conseil départemental du Koung-Khi lors des prochaines élections régionales.

Pour la mairie, le promoteur de la chaîne privée Canal 2 International émettant depuis Douala promettait de poursuivre l’œuvre de Victor Fotso. «Monsieur Fotso Victor, notre maire, a été un grand homme qui ne quittera jamais nos esprits et nos mémoires», déclare-t-il avant d’ajouter qu’il s’engage à | ériger très vite, à Bandjoun, un monument à la gloire du capitaine d’industrie qui a disparu le 20 mars dernier à l’âge de 94 ans.

Carte postale

Pète-Bandjoun est une commune du Came? roun située dans la Région de l’Ouest. Elle est le chef-lieu du département du Koung-Khi. Créée en tant que commune rurale en 1959, elle a été érigée en «commune de Pète-Bandjoun» en 2007. Bandjoun abrite depuis 2008 Bandjoun Station, un complexe d’art contemporain fondé par le plasticien Barthélémy Toguo en vue de permettre au public de s’approprier cet art, et éviter que l’Afrique ne voit partir ce nouveau patrimoine à l’extérieur du continent, à l’image de ce qui s’est passé pour l’art classique.

Le complexe comporte une salle de spectacle de 1000 places, et trois plateaux d’exposition accueillant aussi bien des œuvres d’art contemporain que d’art classique. Deux panneaux solaires ont été installés dans le dispensaire de Dja Bandjoun par la collaboration entre les associations Lumières d’Afrique (élèves français de l’école d’ingénieur Su-pélec, campus de Metz) et Lumières pour Tous (élèves camerounais de l’institut universitaire de la côte(IUC).

Les activités agricoles sont essentiellement basées sur les cultures vivrières (maïs, manioc, macabo, banane plantain, haricot, pomme de terre, arachide, etc.) et les cultures maraîchères (tomate, chou, etc.). La culture de café soufre d’un abandon par les populations du fait de la baisse des prix sur le marché mondial, du vieillissement des planteurs et des plantations et de la réduction de l’espace de production au profit des cultures vivrières.

L’élevage traditionnel est pratiqué par toutes les couches de la population. On note la présence de quelques fermes de production moderne.

Source: Repère

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