Bernard Wongolo, ex-gouverneur de région et secrétaire général adjoint du Sénat, est au centre d’un scandale de détournement de deniers publics. La commission d’enquête parlementaire, dirigée par le vice-président du Sénat Aboubakary Abdoulaye, également Lamido de Rey Bouba, accuse Wongolo d’avoir détourné plus de 2 milliards de FCFA issus des fonds propres du Sénat.
Les détails de ce détournement présumé restent flous, mais il est confirmé que les bureaux de M. Wongolo ont été scellés et plusieurs de ses proches collaborateurs ont été placés en garde à vue à Yaoundé.
Né en 1954 à Yokadouma dans la Boumba et Ngoko, Bernard Wongolo assurait l’intérim du secrétaire général Michel Meva Meboutou, absent depuis plusieurs mois pour raisons de santé.
Le Sénat, prévu par la Constitution camerounaise de 1996, représente les collectivités territoriales décentralisées et a pour mission d’adopter les lois, de proposer des amendements ou de rejeter des textes soumis à son examen. Les premiers sénateurs n’ont été élus qu’en 2013, et depuis lors, cette institution a coûté au contribuable camerounais environ 167 milliards de FCFA en neuf ans.
Cette nouvelle affaire relance les débats sur l’utilité du Sénat, perçu par certains comme une institution budgétivore. Le Dr Cyriaque Esseba, à l’époque de la création du Sénat, déclarait que celui-ci est « une simple doublure coûteuse sans enjeu politique réel. » Dix ans plus tard, cette perception persiste, en grande partie à cause de l’influence limitée du Sénat sur le processus législatif.
L’arrestation de Bernard Wongolo et la mise en garde à vue de ses collaborateurs ne manqueront pas de raviver ces débats et de soulever des questions sur la gestion des fonds publics au sein de cette institution. Le vice-président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, a promis de faire toute la lumière sur cette affaire afin de rétablir la confiance des citoyens dans leurs institutions.

