Mardi dernier, à Bamougoum près de Bafoussam, un meeting du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) a tourné au désordre.
Les vivres distribués (sacs de riz, cartons de sardines et sel) ont déclenché une ruée incontrôlable de milliers de personnes. Incapables de contenir la foule, gendarmes et policiers ont fini par se mêler à elle, certains abandonnant leurs matraques pour récupérer eux-mêmes des sacs de riz.
Ce spectacle surréaliste révèle bien plus qu’un simple incident : il traduit la faillite d’un système politique en place depuis plus de quatre décennies.
Depuis 43 ans, le RDPC au pouvoir s’est enfermé dans une politique de survie qui prive les populations de leurs droits les plus élémentaires.
Plutôt que de bâtir une économie solide et de garantir à chaque citoyen la possibilité de manger à sa faim, le parti au pouvoir préfère distribuer quelques denrées en période électorale.
Cette stratégie humiliante, qui transforme les Camerounais en quémandeurs de sacs de riz, n’est pas nouvelle : elle est devenue une méthode habituelle de clientélisme, utilisée pour acheter les consciences le temps d’un scrutin.
Cette scène de Bamougoum n’est pas un accident isolé. Elle expose la profondeur d’une gouvernance marquée par le cynisme et l’indifférence.
Le RDPC, coutumier de promesses jamais tenues, revient toujours en période électorale avec les mêmes promesses creuses. Après avoir manipulé la misère à des fins politiques, il disparaît, laissant derrière lui un peuple plus pauvre et plus désabusé.
Le pouvoir se présente en sauveur, alors qu’il est le principal responsable de la faim et du désespoir qui poussent les citoyens à se battre pour quelques rations de survie.
À travers ce meeting, c’est tout un système de gestion qui est remis en cause. La pauvreté des populations n’est pas une fatalité : elle résulte de choix politiques délibérés, où les intérêts d’un parti ont pris le dessus sur l’intérêt national.
Le RDPC, après 43 ans de règne sans partage, démontre une fois de plus son incapacité à offrir au Cameroun une gouvernance tournée vers la dignité, l’autonomie et la prospérité du peuple. La scène de Bamougoum restera comme un triste rappel que la faim, entretenue par le pouvoir, est devenue une arme politique.







