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Samuel Eto’o : du gamin clandestin à la gloire

« La folie des transferts » (6/6). Samuel Eto’o s’est fait connaître en Espagne. Mais avant de signer au Real Madrid, il a vécu quelques semaines en France, dans des conditions rocambolesques.

Certains clubs français doivent encore s’en mordre les doigts. À plusieurs reprises, ils ont laissé filer l’un des meilleurs attaquants de sa génération, Samuel Eto’o. Les opportunités n’ont pourtant pas manqué de faire signer le Camerounais, né à Nkon, dans la banlieue de Yaoundé, et animé d’une volonté sans faille de rejoindre l’Europe pour s’y imposer.

À 15 ans, le futur capitaine des Lions indomptables, qui évolue alors en Division 2, à l’Union Camerounaise des Brasseries de Douala, obtient un visa de courte durée pour la France. Objectif : participer à un camp d’entraînement agrémenté de plusieurs matches amicaux et organisé près d’Avignon par Joseph-Antoine Bell, l’ancien gardien du Cameroun.

Dans le Vaucluse, Eto’o se fait remarquer en marquant de nombreux buts, et décide, alors que son équipe doit reprendre l’avion pour Douala depuis Paris, de s’évaporer dans la nature, à la faveur d’un quartier libre accordé par les encadrants. Le jeune Camerounais trouve refuge chez une tante, en Seine-Saint-Denis. Son visa expiré, Eto’o devient clandestin et c’est après neuf mois qu’il se décide à rentrer dans son pays.

Il change de club et est engagé par la Kadji Sports Academy, un centre de formation jouissant d’une bonne réputation, partenaire du club français du Havre. Une nouvelle fois, le talent d’Eto’o saute aux yeux de nombreux formateurs. Il est invité à se rendre en Normandie pour y passer des tests. Mais il ne donne pas le meilleur de lui-même et Jean-Marc Nobilo, le directeur du centre de formation du Havre, n’est pas emballé par l’attaquant camerounais. À Cannes, puis à Saint-Étienne, il échouera également à convaincre les recruteurs.

« Un phénomène »

Paradoxalement, alors que des clubs français d’envergure secondaire ne s’attardent pas sur le potentiel du Camerounais, il retient l’attention du Real Madrid. Le club madrilène, qui dispose d’un solide réseau d’informateurs, notamment en Afrique, apprend qu’un certain Samuel Eto’o mérite le coup d’œil. Les Espagnols l’invitent pour passer des tests, et Eto’o se fait très vite remarquer.

Vicente del Bosque, directeur du centre de formation madrilène, est surpris par sa vitesse, sa précision devant le but, mais aussi sa forte personnalité. Le technicien le qualifie de « phénomène ». C’est donc au prestigieux Real Madrid qu’Eto’o signera, en 1996 et à seulement 15 ans, son premier contrat sur le Vieux-Continent.

Lors de la saison 1997-1998, le Real le prête à Leganès, en Ligue 2. Il y marque 4 buts, revient à Madrid, qui l’expédiera en 1999 à l’Espanyol Barcelone puis au Real Majorque, en 2002, où il sera définitivement transféré. Celui-ci, après avoir trouvé un accord financier complexe avec le Real, en achetant pour 7,2 millions d’euros 50 % des droits du joueur, ne se doute pas qu’il a sans doute réalisé la meilleure opération de son histoire.

Eto’o y empile les buts (64 en 152 matches) et remporte la Coupe d’Espagne en 2003. L’Olympique lyonnais approche l’attaquant cette même année. Il réclame un salaire mensuel de 150 000 euros, une somme jugée trop élevée par Jean-Michel Aulas, le président rhodanien.

L’heure de la revanche

Inévitablement, les performances de Samuel Eto’o finissent par attirer l’attention du FC Barcelone, grand rival du Real, qui détient toujours la moitié des droits du joueur et envisage de le rapatrier dans la capitale. Mais Eto’o estime que le club madrilène ne lui a pas laissé sa chance, même si Del Bosque, devenu entraîneur de l’équipe professionnelle, s’était à l’époque opposé à son départ à Majorque.

Il opte pour le FC Barcelone, un choix perçu dans la capitale espagnole comme la revanche d’un joueur voulant prouver que les dirigeants madrilènes avaient eu tort de s’en séparer. Les faits lui donneront raison. Les Blaugrana dépenseront 24 millions d’euros pour le recruter et le verront inscrire 151 buts, remporter dix titres en quatre ans (2004-2009), dont deux Ligue des Champions, et autant de championnats…

Jeune Afrique

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