Un prêt de 130 milliards de Fca vient d’être contracté auprès de la Standard Chartered Bank Londres, pour la construction de la route Ebolowa-Akom ll-Kribi, devenue un véritable serpent de mer.
Le chef d’Etat camerounais a signé le 04 août dernier, une série de décrets habilitant le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minât), à contracter des emprunts auprès des partenaires bilatéraux ou multilatéraux du Cameroun,en vue de la réalisation de certains projets.
Au rang de ces emprunts, celui de 198. 820. 547 euros, soit environ 130.417 729.548 milliards de Fcfa, garanti par Uk Export Finance, à contracter auprès Standard Chartered Bank Londres pour le financement de la construction de la route Ebolowa-Akom ll-Kribi.
Cette route capitale qui relie trois départements de la région du Sud (le Ntem, le Dja et Lobo et l’Océan) est devenue un véritable serpent de mer. Programmée à plusieurs reprises dans le budget d’investissement public, elle a fait l’objet d’une levée de boucliers des populations face aux multiples scandales de surfacturation des travaux abandonnés et non livrés par des prestataires soutenus par des pontes du système.
C’est un véritable bourbier dont les conséquences sont inestimables sur le décollage économique de la région du Sud. Il y a quelques mois, le ministre d’Etat chargé de l’Enseignement Supérieur et élite de la région, Jacques Fame Ndongo, avait été séquestré par les populations sur cette route de la honte.
Ce nouveau prêt de 130.417 729.548 milliards de Fcfa auprès de la Standard Chartered Bank Londres, interroge autant qu’il alimente des suspicions sur la volonté de mener à terme cet investissement capital, au regard du potentiel que recèle le Port en eaux profonde de Kribi (Pak) et de la proximité avec le Gabon, La Guinée Equatoriale, le Congo Brazzaville. C’est un montant conséquent qui pèche simplement par l’opacité autour de la gestion de tous ces fonds dont la plus-value sur le quotidien des populations reste toujours attendue.
Il y a peu, un prêt de 20 milliards de Fcfa a été contracté auprès des partenaires extérieurs pour le développement de la filière blé au Cameroun. On pourrait multiplier des exemples sur tous ces fonds qui alourdissent l’encours de la dette extérieure du Cameroun et passent par les fourches caudines de la prédation systémique.
Les chantiers routiers sont devenus un des plus gros créneaux de scandales de détournement au Cameroun. Entre le ras-le-bol des populations du Sud et de bien d’autres régions, cette veille de campagne présidentielle annonce la couleur de toutes ces promesses non tenues.
L’Indépendant

