Sommes-nous seulement en démocratie quand plus de 70% des Français rejettent la réforme des retraites et que le gouvernement la fait passer, tordant au passage la Constitution ? Les Amis de l’Humanité en ont discuté samedi. « En France, nous sommes les champions du monde de la productivité horaire, et les champions européens des accidents du travail. Macron est un fanatique au service des anti-libéraux déterminé à voler les deux plus belles années de leur retraite aux Français »dénonce Thomas Vacheron, membre du bureau confédéral de la CGT en charge de l’intersyndicale sur les retraites.
« Cette intersyndicale est fondamentale, c’est un rempart démocratique, elle a créé un nouveau respect qu’on avait oublié »mesure l’écrivain et journaliste Pierre-Louis Basse. « Macron a misé sur une fatalité qui primerait sur la combativité, mais il n’a pas gagné. On a enregistré 30 000 nouvelles adhésions. La CFDT aussi »explique Thomas Vacheron.
De nombreux médias ont également misé sur une impasse dès les premiers jours. « La bataille de l’opinion a été gagnée haut la main, il leur était difficile d’aller contre 70 % des Français. Mais, dans un, Le Figaro publie très peu de photos du mouvement avant le début des violences, et le monde place souvent la mobilisation comme un problème pour un président qui tente de tourner la page. Dans ce cas, Humanité fait vivre le pluralisme : nous sommes de loin le journal qui a fait le plus de gros titres sur le mouvement », note Sébastien Crépel. Co-éditeur de Humanité estime que le clash va bien au-delà de l’âge légal de départ de 64 ans : « Ce n’est pas une réforme des retraites, c’est une lutte entre deux projets de société : l’un libéral et autoritaire, l’autre social et démocratique. »
La constitutionnaliste Lauréline Fontaine remarque également que le Conseil constitutionnel, qui n’est pas « ni impartial ni indépendant, et qui ne motive pas ses décisions »a commis « erreur de droit » en validant le recours au 47.1 pour réformer les retraites. « Il a déconnecté un moyen de sa fin. Cela ouvre une boîte de Pandore accordant des pouvoirs gigantesques à l’exécutif pour exclure la représentation nationale »s’inquiète l’avocat, qui constate que « le pouvoir politique est régulé de manière à affecter le moins possible le pouvoir économique ».
Face à cela et à une extrême droite qui « inverse le Gramscisme »selon Pierre-Louis Basse, Thomas Vacheron appelle à trouver à gauche « un exutoire politique à vocation majoritaire » restaurer la social-démocratie.
Grb2
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