Le populaire ministre de l’Education Gabriel Attal est devenu mardi à 34 ans le plus jeune chef du gouvernement de l’histoire de la République française. Il est aussi le premier ouvertement homosexuel.
« Cher Gabriel Attal, je sais pouvoir compter sur votre énergie et votre engagement pour mettre en oeuvre le projet de réarmement et de régénération que j’ai annoncé », dans un esprit de « dépassement et (d’)audace », a loué le chef de l’Etat français sur X.
D’abord espérée lundi soir, cette nomination, officialisée par l’Elysée, a mis de très longues heures à intervenir. Un délai qui a alimenté les spéculations sur de possibles résistances internes.
« Bon élève »
A trois ans de la fin de son second mandat, le chef de l’Etat se trouve dans une situation délicate face à la percée continue de l’extrême droite dans le pays et en l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.
Depuis sa réélection en 2022, Macron est aussi confronté à un mécontentement croissant qui s’est manifesté lors de l’adoption de la réforme des retraites, et plus récemment d’une loi très controversée sur l’immigration.
Décrit comme « bon élève », ou encore comme « la meilleure incarnation de l’ADN macroniste », Gabriel Attal, entré au gouvernement en 2018 et qui a connu une ascension spectaculaire, s’est finalement imposé à la surprise générale pour succéder à Elisabeth Borne à Matignon, après la démission de cette dernière lundi en fin d’après-midi.
Macroniste de la première heure, le nouveau Premier ministre, qui ne fait pas mystère de son homosexualité, était devenu la personnalité la plus populaire du gouvernement et de la majorité, convainquant un Français sur deux, alors que plus d’un tiers d’entre eux réclamaient sa nomination à Matignon dans une récente étude.
Équilibre précaire
En France, le président fixe en principe les grandes orientations du quinquennat, tandis que son Premier ministre, responsable de la mise en oeuvre du programme et de la gestion quotidienne du gouvernement, paie généralement les pots cassés en cas de turbulences.
Après des jours de suspense et des rumeurs persistantes sur un départ imminent, Elisabeth Borne, 62 ans, a finalement dû quitter son poste. Donnée plusieurs fois partante durant ses 20 mois passés à Matignon, elle avait démontré sa résilience en réussissant à faire passer des lois difficiles et en surmontant près d’une trentaine…

