L’arbitraire judiciaire continue de s’abattre sur des citoyens dont le seul « crime » a été de vouloir exercer un droit élémentaire : assister à une audience publique du Conseil constitutionnel.
Le 4 août dernier, vingt-trois personnes ont été interpellées et privées de liberté dans des conditions qualifiées d’illégales par leurs avocats. Ce mardi, treize d’entre elles, détenues au Groupement de gendarmerie de Yaoundé, ont été brièvement déférées devant le Tribunal militaire.
« Elles sont arrivées après 18 heures et ont été renvoyées trente minutes plus tard, sur simple instruction du commissaire du gouvernement », rapporte Me Hippolyte Meli Tiakouang du Collectif Sylvain Souop.
Une comparution expéditive, que l’avocat dénonce comme une « mise en scène » sans aucun fondement légal. Leur retour au parquet est annoncé pour vendredi.
Les dix autres citoyens, quant à eux, sont toujours détenus au Commissariat central n°1 de Yaoundé, sans qu’aucune évolution ne soit signalée. « Nous sommes face à une situation de non-droit, où des Camerounais purgent des peines extrajudiciaires à durée indéterminée », alerte le Collectif.
Pour les défenseurs des droits humains, cette affaire illustre une dérive inquiétante : la criminalisation de l’exercice des libertés publiques, et en particulier du droit d’assister à une audience, garanti par la Constitution.
« L’opinion sera tenue informée des suites », conclut Me Meli, tout en appelant à la mobilisation citoyenne et internationale face à ce qu’il considère comme une grave atteinte à l’État de droit.







