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Propriété intellectuelle : le Dg Denis Bouhoussou martyrise les employés de l’Oapi

Climat social tendu, salaires impayés, prélèvements abusifs des impôts, primes et indemnités inexistantes, allocations familiales illusoires… Une grève n’est pas à exclure !

Près d’un mois après les révélations du Messager sur la mauvaise gestion de l’institution de la propriété intellectuelle rayonnant sur le ciel de 17 pays africains, ceux qui ont vu dans nos articles une sorte s’acharnement, commencent à nous donner raison. Reconnaissant une crise interne sans précédent et un climat social délétère justement relevés par Le Messager, au sein de l’institution, le personnel ne veut plus rester aphone.

Tenez, le 25 janvier, te Directeur général (Dg) de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), Denis Bohoussou, a fait de grandes annonces au cours d’une conférence de presse au siège de l’Organisation à Yaoundé.

Ouvrant grandement les yeux face aux caméras, Denis Bohoussou a déclaré par exemple que le personnel de l’institution n’avait pas de problèmes de salaire, soutenant au passage que la trésorerie courante de l’Oapi dispose de plus de 20 milliards de F. Est-ce vrai ? « Il y a des mensonges, de sacrés mensonges, et puis il y a… les faits, la réalité. »

En commentant ainsi la sortie de son patron, sous couvert d’anonymat, une employée de l’Oapi a jeté, te 25 janvier après l’échange avec les médias, un sérieux doute sur ta fiabilité des déclarations du patron de l’Oapi. « C’est le 3 décembre 2021 que j’ai reçu mon dernier salaire », assure notre source. Des propos qui rejoignent tes voix qui s’élèvent ces derniers mois, pour critiquer les choix et les -.méthodes de Denis Bohoussou.

Dans une correspondance datée du 31 janvier 2022, et adressée au Dg de l’Oapi, les délégués du personnel crèvent l’abcès et dénoncent en substance la situation de crise dans laquelle se trouve l’institution panafricaine de la propriété intellectuelle.

« Vous le savez mieux que nous, le climat social n’est pas serein au sein de l’Organisation, en raison de l’actualité concernant les salaires du personnel et ta vie de l’Organisation », écrivent les représentants dés salariés. Cés derniers interpellent le Dg de l’Oapi sur la période de paie qui est « devenue très variable », mettant tout le monde dans la confusion.

Pour eux, ce changement inexplicable des dates de paie s’apparente à un mécontentement du Dg et s’assimilerait à une punition du personnel. Il invite d’ailleurs le directeur général à fournir au personnel les-nouvelles échéances de paie. La correspondance des délégués intervient alors que le personnel de l’Oapi accuse deux mois d’arriérés de salaire. Un fait inédit à l’Oapi, indique-t-on au sein de la structure.

« La direction générale a payé déjà un mois de salaire », se défend un proche du directeur général. Toujours est-il que le personnel dénonce cette gestion confuse de l’institution et attend toujours (en vain) que le prélèvement des impôts en .trop sur les salaires du personnel SG soit arrêté.

Les terrains de la colère

L’autre pan du courrier des délégués du personnel dont Le Messager s’est procuré copie,- reproche à Denis Bohoussou ses promesse? non tenues. D’abord au sujet de l’augmentation de certaines primes et indemnités de salaires, et à propos de l’ouverture dès postes à pouvoir au sein de l’institution.

En effet, au retour de ta 61e session du Conseil d’administration qui s’est tenu le 10 décembre 2021 à Cotonou au Bénin, Denis Bohoussou a promis de lancer les appels à candidatures, conformément aux recommandations du conseil d’administration. L’équipe dirigeante arrivant en fin de séjour à l’Oapi en juillet 2022. Selon nos informations, le sujet n’est plus évoqué au sein de l’institution, ce que regrettent d’ailleurs les délégués du.personnel dans leur lettre.

Ces derniers dénoncent aussi l’opacité qui entoure le parlement des allocations familiales à la Cnps. Et selon les délégués, le personnel allocataire n’a rien perçu pour le compte des années 2019, 2020, 2021. C’est également un chemin de croix pour bénéficier de la pension retraite. Avec autant de griefs, une grève du personnel n’est pas a exclure.

« Si nous décidons de grever dans les prochains jours, ce sera parce que ta direction générale a refusé de façon arrogante d’accéder à nos doléances », a indiqué sous anonymat un délégué du personnel. Ce dernier a toutefois répété.que la grève serait l’arme utilisée en dernier recours.

« Cette situation de crise m’a ôté le sommeil », aurait confié le Dg de l’Oapi à un de ses proches collaborateurs. Des crises d’insomnie, Denis Bohoussou risque d’en connaître encore en attendant que le divorce d’avec son personnel, suspendu à un arbitrage du conseil d’administration, soit prononcé le mois prochain au cours d’une session extraordinaire.

Le Messager

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