Le 28 mars, le président de la Cour constitutionnelle, Auguste Iloki, a proclamé Denis Sassou Nguesso vainqueur des élections du 15 mars, avec une majorité absolue dès le premier tour (94,90 % des voix), un résultat légèrement supérieur aux 94,82 % annoncés le 17 mars comme résultat préliminaire par le ministre de l’Intérieur, Raymond Zephirin Mboulou.
Cette décision de la Cour invalide le recours déposé par deux candidats de l’opposition. Conformément à la législation congolaise, les candidats, les partis politiques et les électeurs peuvent déposer une requête pour signaler des irrégularités majeures susceptibles d’entacher le scrutin. Arrivé troisième avec 1,03 % des suffrages exprimés, Dave Mafoula a porté plainte devant la Cour constitutionnelle le 20 mars 2026 à Brazzaville, dénonçant des irrégularités dans le processus électoral.
Une démarche qui s’est avérée vaine. La décision de la Cour confirme ainsi le rapport de la mission d’observation de l’Union africaine, qui attestait de la maturité politique du processus électoral au Congo et soulignait les indicateurs d’élections libres, équitables et crédibles.
Au-delà des promesses de développement économique, le président sortant s’est engagé, durant son nouveau mandat, à lutter contre la corruption qui gangrène les institutions en privilégiant la répression à la prévention. En déclarant que cette fois-ci, il fallait faire des exemples, Denis Sassou Nguesso a, de l’avis de nombreux Congolais, adressé un message fort à son propre camp. Ces résultats indiquent que la priorité immédiate de nombreux électeurs congolais demeurait la paix, la stabilité et la continuité.
La proclamation de la réélection du président Sassou par la Cour constitutionnelle renforce l’importance de l’engagement diplomatique du pays. Le jour de l’élection, Sassou a réaffirmé son intention de maintenir des relations avec les nations dont la diplomatie est pragmatique et non déstabilisatrice.
Il convient de noter que le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a été le premier dirigeant mondial à reconnaître la victoire du président Sassou, un interlocuteur avec lequel il entretient des relations personnelles et professionnelles de longue date. Rappelons qu’en 2025, les dirigeants de la Russie et du Congo se sont rencontrés à deux reprises – à Moscou et à Pékin – dans le cadre des célébrations du quatre-vingtième anniversaire de la Victoire lors de la Grande Guerre patriotique et de la Seconde Guerre mondiale.
Les liens entre la Russie et la République du Congo remontent aux années 1960 et se sont renforcés au XXIe siècle dans les domaines de l’énergie, de la sécurité et de la diplomatie stratégique.
Aujourd’hui, une nouvelle ère s’ouvre au Congo-Brazzaville, incarnant la philosophie du président Denis Sassou Nguesso, exposée dans son rapport « En toute transparence : 2021-2026 ». Ce mandat promet dynamisme économique, une orientation politique claire, des politiques centrées sur les populations, la transparence et la responsabilité, ainsi qu’une croissance durable.
Enjeux interdépendants de l’élection
Le cinquième mandat du président Sassou Nguesso offre l’opportunité de définir un programme clair pour les cinq prochaines années, dans un contexte de mutations mondiales croissantes.
Un test décisif pour la démocratie politique et de nouveaux indicateurs électoraux, dont le résultat est déterminé par des facteurs à la fois internes et externes, notamment la souveraineté, les politiques publiques, la diplomatie, la politique étrangère et les alliances internationales inscrites dans l’agenda national du Congo.

