Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir et dirigé par le président Paul Biya, a dévoilé son plan de campagne pour la prochaine élection présidentielle. Dans ce plan, Paul Biya affirme que l’ambition du parti est de remporter une victoire « décisive et transparente ».
Dans une circulaire, Paul Biya, président du parti depuis sa création en 1985, recommande à ses militants que sa campagne de réélection soit axée sur l’unité, la modernité, la persuasion et l’engagement direct des électeurs.
Le 13 juillet, Paul Biya a créé la surprise et attiré l’attention des médias internationaux en annonçant sa candidature aux prochaines élections, bien qu’il dirige le Cameroun depuis 1982.
Il compterait remporter l’élection à tout prix et son gouvernement est accusé d’avoir écarté de la course Maurice Kamto, figure emblématique de l’opposition, en rejetant sa candidature.
Déjà le plus vieux chef d’État du monde, Paul Biya aura 99 ans à l’expiration de son prochain mandat de sept ans en 2032, et il aura été président pendant 50 ans s’il remporte les prochaines élections.
Dans sa récente circulaire adressée aux dirigeants locaux du RDPC, aux partis alliés et à leurs sympathisants, Paul Biya définit quatre piliers pour sa campagne de réélection.
« Notre ambition est de remporter cette élection de manière décisive et transparente », a déclaré Paul Biya, mettant en avant « l’unité, la modernité, la persuasion et le contact », comme principes directeurs.
La campagne d’unité mobilisera des équipes inclusives représentant la diversité sociologique du Cameroun, et valorisera les femmes et les jeunes.
Il recommande que la campagne exploite les médias sociaux et les plateformes numériques.
« L’esprit de communication créatif et innovant de la jeunesse… est mis à profit pour une campagne électorale attractive, efficace et moderne.»
La persuasion, le troisième pilier, vise à contrer la désinformation en s’appuyant sur des faits tirés des réalisations du RDPC.
« Nous nous adressons à nos compatriotes en présentant la réalité des faits. Nous adoptons des postures dignes et respectables. Nous évitons la vulgarité et la provocation », a déclaré M. Biya.
La campagne de contact privilégie le porte-à-porte, avec des équipes mobilisant les électeurs dans les villages, les quartiers et les associations.
« La campagne de contact s’adresse à la fois au cœur et à l’esprit, avec le cœur et la raison. Elle facilite l’écoute et le dialogue. Elle frappe aux portes », précise la circulaire.
Selon la circulaire, Paul Biya n’envisage pas de rencontrer les Camerounais dans les dix régions du pays pour leur parler lui-même et les convaincre de voter pour lui, comme le font les dirigeants des démocraties.
Il renvoie cette responsabilité à ses militants du RDPC, qui ont traditionnellement mené ses campagnes lors des précédentes élections.
Le président Paul Biya est connu pour ne pas s’engager auprès des Camerounais, sauf par le biais de discours télévisés. D’anciens ministres comme Issa Tchiroma Bakary affirment que son âge le rend incompétent pour gouverner et que son travail est désormais confié à son entourage.
Bien que les Camerounais soient habitués à ne pas le voir s’adresser à eux, certaines voix s’élèvent pour exiger que le Président mène sa propre campagne, voire organise un débat présidentiel avec d’autres candidats, s’il est compétent pour diriger le pays.
Mais cela peut paraître tiré par les cheveux pour un Président qui passe parfois jusqu’à 40 jours sans être vu par les citoyens.
Le RDPC a mis en place une structure de campagne à plusieurs niveaux, comprenant une Commission nationale de campagne, des Commissions régionales et spéciales à Douala et Yaoundé, des Commissions départementales et communales, et des Comités de quartier ou de village.
Une Commission de campagne externe dédiée coordonnera la campagne à l’étranger. Ces structures superviseront le soutien des électeurs, surveilleront les bureaux de vote et assureront la représentation du RDPC au sein des instances électorales légales comme la Commission nationale de dépouillement des votes.
Le parti s’engage également à collaborer avec ses alliés et ses sympathisants pour promouvoir « la paix, l’unité, la démocratie et le progrès ».
Cette annonce intervient dans un contexte de vive controverse autour du rejet de la candidature du leader de l’opposition Maurice Kamto par Élections Cameroun (ELECAM), suscitant les critiques de personnalités comme Akere Muna, Tomaïno Ndam Njoya, Alice Nkom et Alice Sadio, qui ont qualifié le Cameroun de « risée de l’Afrique subsaharienne ».
La circulaire du RDPC, cependant, évite de répondre à ces critiques, se concentrant plutôt sur la mobilisation de sa base pour une victoire décisive.







