L’appel du professeur Maurice Kamto aux électeurs pour qu’ils « votent librement et en toute conscience pour le candidat de l’opposition de leur choix » lors de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre a été décrit par les analystes comme une tentative de jouer la carte de la sécurité.
Après sa disqualification, les attentes étaient grandes quant à la capacité de Kamto, investi par le MANIDEM, à orienter son large électorat vers d’autres candidats de l’opposition. Le 26 septembre, veille de la campagne officielle, Kamto a répondu à l’appel de ses partisans pour des consignes de vote, soulignant que sa première préoccupation était l’intérêt du peuple.
Il a déclaré avoir, le 16 septembre, exhorté les candidats de l’opposition à former une coalition, puis rencontré sept candidats à la présidentielle pour en discuter.
Il a expliqué qu’une coalition réunissant tous les candidats, ou du moins les plus forts et les plus expérimentés, dont Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari (FSNC et PNUD), aurait offert de réelles chances de victoire. Il a exprimé sa déception qu’aucune coalition ne se soit concrétisée, ce qui l’a conduit à annoncer qu’il encourageait les électeurs à faire leurs propres choix.
Réagissant à la déclaration de Kamto, le Dr Jean Moïse Mbog, porte-parole d’Issa Tchiroma, a déclaré que la décision de Kamto était à la fois responsable et compréhensible, car elle obligeait les candidats à rendre des comptes. Lors d’un débat, il a souligné qu’en mettant en avant deux candidats, Kamto avait donné le ton à l’élection.
Le Dr Mbog a également justifié la position prudente de Kamto, rappelant les événements de 2018, 2019 et 2020, et a souligné qu’il ne fallait lui imputer aucun problème ni porter atteinte à sa réputation. Il a mis en avant les discussions en cours entre le PNUD et le FSNC, décrivant les dirigeants comme des politiciens qui disposent encore de canaux et de moyens pour se rencontrer et communiquer, comme le souhaite le professeur Kamto.
L’analyste politique Wilfred Ekanga a ajouté que la décision de Kamto concernant l’élection présumée du 12 octobre était le fruit d’une observation prudente, sereine et pragmatique, exempte de naïveté, de crédulité, d’illusion ou de rhétorique creuse. « Il ne s’agit pas d’une pression ou d’un chantage concernant les consignes de vote », a-t-il souligné.
Par ailleurs, l’éditeur de L’Œil du Sahel a proposé une analyse critique de la non-directive de Kamto, la qualifiant d’échappatoire politique. Prenant comme exemple un vieux film chinois, il a expliqué que Kamto ne se positionnait ni comme le protagoniste ni comme l’antagoniste.
De son côté, l’analyste politique Mac Anthony a critiqué Kamto pour avoir tourné le dos aux souffrances du peuple :
« Il est désormais confirmé que le professeur Maurice Kamto est égoïste et n’aspire qu’à ses propres intérêts. Il n’a jamais eu à cœur les intérêts du Cameroun. Il pense que ce doit être lui seul ou personne d’autre. Il est complice des souffrances du peuple », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, la campagne électorale a officiellement débuté le 27 septembre et se poursuivra jusqu’à la veille du scrutin, le 11 octobre. Des coalitions se forment déjà, Ateki Seta Caxton, candidat du Parti de l’Alliance libérale (PAL), se ralliant officiellement à Bello Bouba Maïgari.







