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Présidentielle 2025 : l’absence remarquée de trois grands Fons du Nord-Ouest à l’appel de Paul Biya

Certains éminents Fons du Nord-Ouest brillaient par leur absence, tandis que nombre de leurs collègues de toute la région se pressaient au Palais de l’Unité le mercredi 13 août pour valider la candidature du président Paul Biya, âgé de 92 ans, pour un nouveau mandat de sept ans.

Les Fons des importants royaumes de Bafut (SAR Abumbi II), Nso (SAR Sehm Mbinglo I) et Kom (SAR Ndzi II) étaient notoirement absents.

Bien que les raisons de leur boycott de l’événement restent inconnues, de nombreuses personnalités ont rapidement salué ces monarques pour ce qui est désormais perçu comme leur refus d’honorer l’invitation du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, chef de campagne du président Biya.

Ngoh Ngoh a reçu plusieurs délégations ces dernières semaines, qui se sont engagées à soutenir le dirigeant vieillissant pour un nouveau mandat, ce qui lui permettrait de terminer 50 ans au pouvoir.

La visite des Fons du Nord-Ouest faisait suite à une initiative similaire de chefs traditionnels de la région de l’Ouest, qui ont également soutenu Biya.

Si beaucoup ont fustigé les chefs traditionnels pour leur perte de dignité, certaines voix du Nord-Ouest ont salué les Fons qui ont évité le spectacle du Palais de l’Unité.

À Bamenda, capitale de la région du Nord-Ouest, les habitants interrogés par MMI ont salué les héros des Fons de Bafut, Nso et Kom pour s’être abstenus de « trahir » leur peuple en validant un régime vieux de 42 ans qui n’a pas réussi à améliorer les conditions de vie dans cette région en crise.

Certains habitants ont perçu cette absence comme un signe de loyauté envers la population anglophone, leur refus public de soutenir le régime de Biya et leur solidarité avec une population du Nord-Ouest prise au piège d’un conflit armé séparatiste depuis près de dix ans.

À l’inverse, les Fons présents à la réunion ont été vivement critiqués et accusés de trahison.

De plus, le fait que certains de ces chefs pro-Biya aient eux-mêmes fui leurs villages en raison de la crise anglophone a alimenté les accusations d’hypocrisie et de détachement des réalités auxquelles leur peuple est confronté.

Les chefs traditionnels du Cameroun sont devenus de plus en plus partisans et distants de leurs populations.

Plus tôt cette année, des centaines de chefs de tout le pays, réunis au sein de l’Association des chefs traditionnels du Cameroun, ont soutenu Paul Biya, le plus vieux président du monde, pour un nouveau mandat de sept ans.

Nombre de ces chefs sont des membres haut placés du parti au pouvoir, le RDPC, même si leurs détracteurs estiment que cela pourrait altérer leur sens du jugement envers leurs sujets qui s’alignent sur l’opposition.

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