Alors que les Camerounais se préparent à l’élection présidentielle d’octobre 2025, les faits démontrent une forte probabilité de manipulation électorale.
Comme dans de nombreux autres pays africains, un rapport de l’International Crisis Group publié en 2023 met en évidence les tendances en matière de manipulation électorale au Cameroun au cours des dernières années.
Le rapport révèle que plusieurs allégations généralisées d’intimidation et de fraude électorale ont été formulées depuis l’arrivée au pouvoir du président Paul Biya en 1982. Selon le rapport, d’importantes irrégularités ont été constatées dans le processus électoral camerounais en 2004, 2011 et 2018 par des observateurs internationaux.
Au cours des 40 dernières années, le président Paul Biya a modifié plusieurs articles de la Constitution en faveur de son régime. L’une des plus marquantes a été la modification de l’article 6 de la Constitution, qui a prolongé le mandat présidentiel de 5 à 7 ans en 2008.
Malgré toutes ces irrégularités, le gouvernement de Biya a également fait preuve de fermeté envers les partis d’opposition comme le Front social-démocrate (SDF) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ces dernières années. L’arrestation et la détention du professeur Maurice Kamto, chef du MRC, après sa contestation de la victoire de Biya en 2018, en sont un exemple significatif.
Bien que Biya, 92 ans, n’ait pas encore déclaré sa candidature aux prochaines élections, de nombreux Camerounais estiment encore que leur vote n’est pas garanti, le régime actuel persistant à harceler l’opposition.
Le relèvement de l’âge de vote de 18 à 20 ans, le report des élections municipales à 2026, la récente interdiction du rassemblement du professeur Maurice Kamto à Douala, entre autres, montrent clairement qu’il reste beaucoup à faire avant les élections d’octobre.







