Le préfet du département du Diamaré, Ekoa Mbarga Jean-Marc, a mis en garde les acteurs politiques et les populations contre « tout débordement susceptible de nuire au bon ordre et à la paix sociale », à l’approche de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Dans un communiqué-radio-presse publié le 29 août, il a dénoncé les récents actes de violence commis à Maroua et annoncé que les auteurs seraient poursuivis sans indulgence.
Ces avertissements interviennent dans un climat de tensions marqué par la visite avortée du ministre des Finances, qui avait conduit à la fermeture du marché du Lamidat de Meskine et provoqué la colère des habitants.
Des jeunes, frustrés par l’absence du ministre et l’absence d’explications, ont exprimé leur mécontentement en brûlant des effigies du RDPC le 27 août dernier.
Si le préfet a mis en avant la nécessité de préserver l’ordre public, sa réaction soulève des critiques sur sa partialité. En 2018, lors de la précédente présidentielle, des militants du RDPC avaient incendié des effigies du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) sans qu’aucun administrateur civil ne s’en émeuve ni ne diligente d’enquête.
Pour de nombreux observateurs, cette différence de traitement illustre une justice sélective au service du parti au pouvoir.
Cet épisode reflète également un malaise plus profond : une partie croissante de la population du Grand Nord a pris ses distances avec le RDPC.
Fatigués des promesses non tenues et du mépris ressenti de la part des élites gouvernantes, de nombreux jeunes et leaders d’opinion locaux militent désormais ouvertement pour le changement.
L’incendie des effigies du parti présidentiel n’est pas seulement un acte de colère isolé, mais le symptôme d’un désaveu politique qui s’exprime de plus en plus bruyamment à l’approche de la présidentielle du 12 octobre.
Malgré ces critiques, le préfet du Diamaré maintient une ligne de fermeté. Il a rappelé que « le respect scrupuleux de la juridicité demeure incontournable » pour les acteurs politiques, et a menacé d’interdire de séjour dans le département tous ceux qui se rendraient coupables d’actes de violence ou de perturbation de l’ordre public, avant, pendant et après les élections.
Reste à savoir si ces mises en garde permettront d’apaiser les tensions dans une région où la base électorale du RDPC s’effrite de plus en plus, et où l’exigence de changement gagne chaque jour du terrain.







