Jérémy Bacchi Sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, membre de la commission culture et communication Assan Lakehoul Coordinateur du Mouvement des Jeunes Communistes de France
A moins d’un an des JO de Paris et à quelques mois de la Coupe du monde de rugby, la situation des techniciens français qui travaillent à la retransmission télévisée des matchs et des compétitions est préoccupante. Le ministre des Sports doit prendre en compte cette situation, pour que le sport reste populaire.
Le week-end dernier, des salariés de l’audiovisuel, employés par le prestataire de services AMP Visual TV, se sont mobilisés et ont décroché pendant une heure, au début de plusieurs matchs de rugby et de football. Cette mobilisation a conduit à la suspension partielle de la retransmission télévisée de ces réunions. Appelés par la CGT, ces travailleurs ont trouvé leur situation si préoccupante qu’ils ont refusé de poursuivre le travail, alertant téléspectateurs et sportifs sur leur situation.
Ceux qu’on ne voit jamais nous ont rappelé que, sans eux, le sport n’est pas diffusé à la télévision, n’est pas accessible à tous. Ces salariés réclament la reconnaissance de leur travail et la revalorisation de leur salaire dans un contexte fortement inflationniste. Rarement mis en avant, subissant des horaires décalés, des déplacements permanents, le stress lié au direct, ces hommes et ces femmes sont les chevilles ouvrières de la diffusion du sport. Sans ces équipes techniques audiovisuelles, pas de sport populaire. L’utilité sociale du sport n’est plus à prouver, tous ses acteurs doivent être considérés, valorisés, correctement rémunérés : la diffusion fait naître des vocations, fait rêver, crée des souvenirs inoubliables. Ces actions ont été soutenues par les téléspectateurs et les joueurs professionnels. Madame la Ministre : Répondez aux demandes des salariés !
On ne cesse de dire qu’il faut refonder l’économie du sport, que le sport à la télévision doit être accessible à tous, que sa financiarisation le tue. On parle trop peu de ceux qui nous permettent de suivre notre équipe favorite, de faire la fête devant un ralenti tourné à la perfection, de vibrer devant un penalty filmé sous le bon angle.
Au-delà de la situation des techniciens de la télévision, c’est le fonctionnement de toute la filière sportive qui est à repenser. Nous demandons l’organisation d’une COP sur l’économie du sport, qui est dans l’impasse. Comme pour le climat, ce sujet ne pourra pas être réglé à l’échelle d’un pays. Cette COP sera chargée de trouver une alternative à la financiarisation constante du sport professionnel, de réduire le fossé entre le sport professionnel et le sport amateur, de développer la pratique sportive sur l’ensemble du territoire, de démocratiser la gestion du sport encore trop opaque.
La France mérite un monde du sport qui rémunère dignement…

