Des chars israéliens sont entrés mardi dans le centre de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, visée par des bombardements incessants trois semaines après les premières opérations terrestres qui ont déclenché un nouvel exode massif.
Des correspondants de l’AFP à Rafah et des témoins ont fait état de frappes aériennes et de tirs d’artillerie nourris dans l’ouest de cette ville frontalière avec l’Egypte.
Un témoin a affirmé à l’AFP avoir vu des chars israéliens déployés « au rond-point d’Al-Aouda », dans le centre de Rafah. Une source de sécurité a confirmé avoir vu des chars israéliens dans le centre de la ville.
Des familles palestiniennes paniquées fuyaient mardi le quartier de Tal Al-Sultan, à nouveau bombardé après une frappe, dimanche soir, qui a fait 45 morts et 249 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, et mis le feu à des tentes dans un camp de déplacés.
Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir mardi en urgence, à la demande de l’Algérie, après cette frappe qui a suscité l’indignation internationale.
A l’heure où les condamnations se multiplient dans le monde face aux opérations militaires israéliennes, l’Espagne, la Norvège et l’Irlande ont reconnu officiellement mardi l’Etat de Palestine, provoquant la fureur d’Israël qui y voit une récompense au Hamas en pleine guerre contre le mouvement islamiste palestinien, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza.
Le chef de la diplomatie israélienne, Israël Katz, a accusé l’Espagne d’être « complice des appels au génocide du peuple juif ».
Cette reconnaissance est « une nécessité » pour « parvenir à la paix » entre Israéliens et Palestiniens, en plus d’être « une question de justice historique » pour le peuple palestinien, a affirmé de son côté le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez.
La Norvège a salué une « journée marquante ».
L’Etat de Palestine est désormais reconnu par 145 des 193 Etats membres de l’ONU, selon un décompte de l’Autorité palestinienne. La plupart des pays occidentaux sont absents de cette liste et la question divise notamment au sein de l’Union européenne.
« Fuir encore »
A Rafah, les bombardements aériens et les tirs d’artillerie ont semé la panique mardi.
« Nous n’avons pas dormi parce qu’il y avait des bombardements de partout, y compris des tirs d’artillerie et des bombardements aériens », a témoigné à l’AFP Faten Jouda, une femme de 30 ans installée…

