Depuis le 1er janvier 2024, des frais substantiels ont été introduits dans le secteur immobilier camerounais, suscitant des préoccupations parmi les professionnels du domaine. Selon l’article 30e de la loi de finances 2024 en cours d’exécution, les promoteurs immobiliers, agents immobiliers et syndics de copropriété doivent désormais s’acquitter respectivement de 1,5 million de FCFA, un million de FCFA et 250 000 FCFA pour obtenir l’agrément, la carte professionnelle et la carte de syndic.
Le texte stipule également que ces frais doivent être renouvelés annuellement, mais le président de l’Association des promoteurs immobiliers du Cameroun (Apic), Alain Moungang, affirme qu’il s’agit d’une erreur. Selon lui, le renouvellement de l’agrément ou des cartes professionnelles devrait se faire après cinq ans, contrairement à ce qui est mentionné dans la nouvelle mesure.
Cette modification suscite des inquiétudes parmi les acteurs du secteur, qui soulignent que l’agrément était auparavant à vie et sans frais pour les promoteurs immobiliers. Seules les cartes professionnelles d’agent immobilier et de syndic de copropriété étaient renouvelables sans frais après cinq ans, selon Alain Moungang.
Cette décision du gouvernement s’inscrit dans le cadre de sa volonté d’augmenter les recettes non fiscales pour compenser la baisse des recettes pétrolières. Alors que les recettes pétrolières sont projetées à 809,5 milliards de FCFA, en baisse de 34 milliards par rapport au budget 2023, les projections de recettes non fiscales sont estimées à 315,5 milliards de FCFA, soit une hausse de 46,2 milliards par rapport à l’année dernière.
Selon Alain Moungang, outre les considérations financières, cette mesure vise également à lutter contre les « acteurs qui gangrènent le secteur de l’immobilier ». Il souligne que sur les 265 promoteurs immobiliers agréés au Cameroun, moins de 40 disposent de titres fonciers, document pourtant exigé pour la demande d’agrément. Le président de l’Apic appelle l’État à mettre en place une brigade de contrôle pour traquer les acteurs indélicats du secteur.
Cependant, certains craignent que l’introduction de ces frais pour l’obtention ou le renouvellement de l’agrément dans le secteur immobilier ne se répercute sur les prix des loyers dans les principales villes du pays, notamment Douala et Yaoundé, qui font face à un déficit de logements.







