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Nécrologie : controverse autour de la mort de Yann Ketchanga

Informaticien de formation, le jeune entrepreneur et non moins fils du célèbre homme d’affaires et homme politique Célestin Ketchanga, a rendu l’âme le 22 février dernier à l’hôpital général Douala des suites de maladie. Un décès dont les contours restent flous, en attendant les résultats de l’autopsie.

C’est un Célestin Ketchanga inconsolable qui reçoit les nombreux messages de condoléances et de compassion depuis mardi dernier à son domicile à Douala. Entre hommes politiques, autorités administratives, camarades du parti, hommes d’affaires et autres industriels, l’ex député est soutenu dans cette douloureuse épreuve par certains de ses proches. De retour en cascade d’un voyage à l’étranger, l’homme peine à comprendre la disparition tragique de son fils Yann Ketchanga, âgé seulement de 33 ans.

Arraché à la vie des suites d’une maladie dont les contours n’ont pas été élucidés, le jeune informaticien qui ne présentait aucun signe de maladie, laisse une famille, des amis et des employés sans voix. La multitude des témoignages et des messages qui inondent la toile démontre à suffire que le défunt attirait la sympathie. Lui que beaucoup présentent comme un épicurien, « amoureux de la belle vie et des belles choses ».

Propriétaire d’un restaurant (Marna Mia) au quartier Bonapriso dans la capitale économique, le fils du sénateur Rdpc n’a guère eu le temps de réaliser les nombreux projets qui pullulaient dans sa tête. Des projets pour lesquels il envisageait de recruter des jeunes camerounais désireux de se construire un avenir au pays. Une façon à lui, de lutter contre le chômage et le sous-emploi.

Affectueusement surnommé « Maniac » parce qu’il aimait que son environnement soit propre et bien rangé, il tire sa révérence à l’hôpital général de Douala où il y a été conduit d’urgence se tordant de douleur des suites d’une « vilaine indigestion », survenu lors d’un voyage dans la région du Sud-Ouest le week-end dernier.

« Yann s’est rendu avec des amis à des obsèques à Buea. Tout allait bien. Mais au retour, il se plaignait des douleurs au ventre ; il a passé la nuit aux toilettes dans une souffrance indescriptible. Son ami venu lui rendre visite en soirée, décide donc de l’emmener à la clinique Sandjo à Bonapriso. Impossible de lui administrer le moindre soin puisqu’on se rend compte que son cas est grave et qu’il est mieux de l’évacuer vers des formations sanitaires plus spécialisées. C’est ainsi qu’il lui est recommandé l’hôpital général où les premiers résultats d’examens montrent que son foie est déjà touché », confie un proche de la famille.

Ce que Yann rêvait du Messager

Toutes les tentatives de sauver le pauvre Yann resteront infructueuses. Il va pousser son dernier soupir quelques heures plus tard. Dans l’entourage du défunt, des voix s’élèvent pour soutenir que Yann a été empoissonné. Car, rapporte-t-on ici, « une indigestion ne peut pas plonger un jeune homme dans un coma au point où il fait trois Ave avant de rendre l’âme ».

Des déclarations qui vont être confirmées ou infirmées à l’issue de l’autopsie exigée par la famille si durement éplorée. Jeune camerounais qui a vécu aux Etats-Unis où il a fait ses études supérieures et travaillé en tant qu’informaticien, le défunt, friand de sape de luxe et de voyage, confiait récemment à Amanda Njawé, l’administratrice du Messager, son désir d’aider l’« héritage de Pius Njawe » à migrer vers le digital pour que les jeunes lecteurs puissent s’identifier à travers ce journal quarantenaire.

« Un jour à Paris, il m’avait interpellé au sujet du contenu du Messager qu’il trouvait éloigné des préoccupations de la jeunesse. Il estimait que le journal est resté arcbouté à la dynamique des années de braise, ignorant que le monde évolue. Au-delà de migrer vers le digital notamment à travers la création des pages spéciales dédiées aux jeunes entrepreneurs et d’un site internet, il souhaitait que je lui confie le marché de la transformation du Messager en journal new-look. Ce que j’avais trouvé particulièrement intéressant. Des pourparlers avaient même été engagés dans cette perspective et on attendait trouver du temps pour rendre cela possible », se souvient émue, Amanda Njawé.

La République de l’empoissonnement

Hélas ! Yann meurt à la fleur de l’âge et dans un environnement où on parle de plus en plus d’empoisonnement. Surtout dans les îlots de plaisir et de loisir (bars-dancing, boîtes de nuit, cabarets, etc), où cette technique est connue au point où chacun(e) tient absolument à ouvrir sa bouteille de bière.

L’on ne laisse plus une bouteille ou un verre ouvert avant d’aller aux toilettes au risque de se faire surprendre. L’on en arrive même à se déplacer avec son flacon de vin lorsque l’on est contraint de se lever pour aller se trémousser sur la piste ou pour aller décrocher un coup de fil. Tout simplement parce que l’on ne sait jamais.Triste !

Le Messager

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