Éliminés avec zéro point après trois lourdes défaites, les Aigles de Carthage quittent le Mondial 2026 avec plusieurs records peu enviables. Douze buts encaissés, 256 minutes passées à courir après le score et une place parmi les campagnes les plus catastrophiques de l’histoire de la compétition.
Par Régis Belinga
La Tunisie quitte la Coupe du monde 2026 par la petite porte. Battus successivement par la Suède (5-1), le Japon (4-0) et les Pays-Bas (3-1), les Aigles de Carthage terminent derniers de leur groupe avec zéro point, deux buts inscrits, douze encaissés et une différence de buts de -10.
Au-delà de cette élimination sans gloire, la sélection tunisienne a accumulé plusieurs statistiques historiques. Avec douze buts concédés en seulement trois rencontres, elle devient la première nation à encaisser autant de buts lors d’une phase de groupes depuis la Corée du Nord en 2010.
Les Tunisiens ont également établi un record peu enviable en passant 256 minutes menés au score, soit le plus long temps cumulé passé à courir derrière un adversaire dans une phase de groupes de Coupe du monde. Ils effacent ainsi des tablettes le Mexique de 1930, qui avait été mené pendant 240 minutes.
Cette statistique s’explique notamment par des débuts de match catastrophiques. Face à la Suède, la Tunisie encaissait un premier but dès la 7ᵉ minute sur une réalisation de Yasin Ayari. Contre le Japon, Daichi Kamada ouvrait le score après seulement quatre minutes. Enfin, face aux Pays-Bas, Ellyes Skhiri marquait contre son camp dès la 3ᵉ minute de jeu.
La Tunisie n’a jamais mené au score durant cette Coupe du monde. Ses deux seuls buts ont été inscrits contre la Suède (43ᵉ minute) et les Pays-Bas (54ᵉ minute), sans jamais permettre d’inverser le cours des rencontres.
Sur le plan historique, cette campagne figure parmi les plus mauvaises jamais réalisées par une sélection depuis l’instauration des phases de groupes modernes. Si certaines équipes ont connu des défaites plus lourdes sur un match, rares sont celles qui ont affiché une telle régularité dans l’échec sur l’ensemble du premier tour.
Le changement de sélectionneur n’aura rien changé. Arrivé après la débâcle inaugurale contre la Suède, Hervé Renard n’a pas réussi à redresser une équipe en plein naufrage. Après la lourde défaite contre le Japon, le technicien français avait d’ailleurs reconnu ressentir un « sentiment de honte vis-à-vis du peuple tunisien ».
La défaite 3-1 face aux Pays-Bas a certes été moins sévère que les deux précédentes, mais elle n’a fait que confirmer l’ampleur de la débâcle. Le Mondial 2026 restera comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire des Aigles de Carthage, désormais inscrits parmi les équipes les plus en difficulté que la Coupe du monde ait connues.

