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« Mon frère a déjà été tué » : l’appel déchirant d’un enfant enlevé dans l’Extrême-Nord

Les appels se multiplient à travers le Cameroun pour que le gouvernement obtienne la libération de cinq enfants qui auraient été enlevés par des individus armés dans la région de l’Extrême-Nord.

Les ravisseurs seraient membres de la secte islamiste Boko Haram, présente dans la région depuis 2014. Selon certaines sources, les assaillants auraient profité de l’état déplorable de la route nationale n° 1, notamment du tristement célèbre tronçon Kousseri-Maroua, pour commettre l’enlèvement.

L’incident s’est produit le 13 août, lorsque des dizaines de passagers d’un bus de l’Agence de tourisme revenant de l’Extrême-Nord à Yaoundé ont été enlevés. Si plusieurs victimes ont été libérées ultérieurement après le versement d’une rançon, cinq enfants, qui rentraient de vacances avant la rentrée scolaire, sont toujours en captivité.

Une vidéo diffusée en ligne montre un jeune homme, apparemment un proche des victimes, debout aux côtés de la mère des enfants. Dans l’enregistrement, il raconte que les ravisseurs ont appelé et permis à l’un des enfants de plaider leur libération.

L’enfant aurait déclaré que son frère aîné avait déjà été tué et aurait prévenu que les autres subiraient le même sort si la rançon n’était pas versée. Les ravisseurs auraient exigé 50 millions de francs CFA pour leur libération.

Le candidat à la présidentielle Cabral Libii a été parmi les premiers à réagir, appelant à une intervention urgente de l’État.

« L’État, dont le devoir est de protéger, doit se lever, soutenir cette famille et faire tout son possible », a-t-il écrit, ajoutant : « Nous devons tout arrêter et parler d’une seule voix, dans l’unité des cœurs, en appelant à l’humanité et à la responsabilité afin que ces jeunes vies soient sauvées. »

Un autre leader de l’opposition, Maurice Kamto, a également condamné le silence du gouvernement et exprimé sa solidarité avec la famille touchée.

« J’exhorte le gouvernement à tout mettre en œuvre pour obtenir la libération saine et sauve de tous les otages enlevés et à apporter tout le soutien possible aux familles des malheureuses victimes. Le silence du gouvernement face à cette nouvelle tragédie qui frappe le pays, comme à plusieurs autres auparavant, est insupportable. Comment expliquer aux Camerounais qu’après plus de dix ans de guerre contre l’insécurité dans cette partie du pays, nous assistons encore à des enlèvements massifs ? Il est temps de reprendre le contrôle du pays », a-t-il déclaré le 17 août.

Le candidat à la présidence, Issa Tchiroma Bakary, aurait exprimé son soutien à la famille lors d’un entretien téléphonique, tandis que l’analyste politique Aristide Mono a ouvertement mis en cause le silence et l’inaction du gouvernement.

Par ailleurs, le parti d’opposition, l’UDC, a fermement condamné l’enlèvement. Dans une déclaration signée par son président national et candidat à la présidentielle, Tomaïno Ndam Njoya, l’UDC a appelé le gouvernement à clarifier immédiatement les circonstances de l’incident, à renforcer la sécurité le long des axes routiers à haut risque et à garantir la responsabilité des auteurs.

Le parti a également exhorté les Camerounais à rester unis face à la menace et a encouragé les chefs communautaires, les personnalités religieuses et les acteurs de la société civile à soutenir les familles tout en dénonçant toute complicité avec des groupes terroristes.

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