La localité de Meskine, dans la région de l’Extrême-Nord, a connu une journée de fortes tensions lors d’une visite ministérielle annoncée mais finalement avortée.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, attendu dans la zone, n’a pas effectué le déplacement, provoquant colère et frustration parmi les habitants.
Selon le récit de Hamadou Habibou, leader de Maroua et natif de Meskine, le Lamido et les cadres du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) avaient minutieusement préparé l’événement.
Le mercredi matin, jour de marché hebdomadaire, le Lamido a ordonné la fermeture du marché afin de mobiliser la population pour accueillir la délégation ministérielle.
Toujours d’après ce témoignage, des dépenses considérables avaient été engagées : acquisition de gandouras de luxe importées du Nigéria, achat de chevaux destinés à la réception, et confection de turbans traditionnels pour habiller les membres de la délégation. Un rituel symbolique d’« enturbanement » du ministre des Finances était même prévu.
L’absence du ministre sur le site a suscité un vif mécontentement. D’après le récit recueilli, certains militants ont tenté d’intercepter le cortège officiel en direction de l’aéroport de Maroua, avant d’être dispersés par les forces de sécurité.
La situation a ensuite dégénéré en une manifestation marquée par l’incendie de tenues du RDPC et diverses dégradations, traduisant un ras-le-bol populaire.
Ces tensions surviennent dans un contexte électoral sensible. Pour Hamadou Habibou, cette situation fragilise l’ancrage du RDPC dans une localité historiquement acquise au parti, mais désormais gagnée par la contestation.
Ce témoignage met en lumière le fossé grandissant entre les attentes des populations locales et la réponse des autorités, dans une région où les enjeux politiques demeurent cruciaux.







