Après avoir perdu près de dix hectares de production l’an dernier à cause du gel, la ferme Dupont était sur le pied de guerre dès cette nuit-là pour endiguer le froid sur les nectarines en fleurs depuis des semaines déjà. L’arboriculteur s’est doté d’un nouveau système de défense, à l’aube d’une nouvelle nuit critique.
Sur les coteaux de Clarac, les nuits sont blanches cette semaine. La faute aux gelées qui menacent les cultures et notamment les vergers de la ferme Dupont. « L’an dernier nous avons perdu 10 hectares sur les 25 de l’exploitation à cause du froid. Pas un fruit l’an dernier sur ces parcelles. » C’est donc sur ces nectariniers et pêchers que Lionel Dupont a concentré ses efforts cette année, avec le retour du froid. L’arboriculteur a ainsi équipé six hectares de trois convecteurs à air chaud, « Frost buster ». Trois appareils achetés d’occasion alors que leur prix neuf oscille entre 20 et 30 000€ chacun. « Nous concentrons nos efforts sur les espèces les plus précoces et les parcelles les plus basses, les plus sensibles au froid. Nous avons investi en ciblant ce que nous allions protéger, sachant qu’on ne peut pas mettre un appareil sur toute l’opération. Là, ce système joue sur le changement d’état de phase de l’eau, pour lier les passages de l’état liquide au givre. Mais cela nécessite de passer toutes les 8 minutes aux mêmes endroits avec environ 35kg de gaz par machine et par heure. »
Hier soir, les convecteurs n’ont été mis en route qu’en fin de nuit, craignant que le mercure, encore à la limite du négatif, n’y bascule franchement, grâce aux gelées blanches du matin « lorsque la terre restitue la fraîcheur accumulée pendant la nuit. » Aussi, Lionel Dupont surveille systématiquement les données météo d’alarme centralisées sur son téléphone. « Ça fait deux ans qu’on est touché par le gel. On ne peut plus se permettre de subir les mêmes dégâts, avoue l’arboriculteur. Ça peut se faire en un quart d’heure, c’est l’affaire d’un demi-degré. Les températures et l’humidité sont mesurées, ce qui aggrave encore le phénomène. »
La protection ne peut pas être généralisée
En complément des aéroconvecteurs, Lionel Dupont pratique l’arrosage sur 4 hectares, notamment sur poiriers. « Là où on a de l’eau et les moyens de la transporter et de la disperser, on congèle littéralement la fleur. Pour le producteur que je suis, ce n’est pas confortable de voir ça. On a peur. Mais ça permet de protéger les arbres vers le bas. à -7.-8°. Cela demande du matériel et aussi beaucoup d’eau, de 30 à 40m3 par hectare. Nous ajustons vraiment chaque moyen de protection au plus juste. Mais nous n’est, en tout cas, pas en mesure de tout protéger, car tout le reste est à suivre, les travaux de la ferme, les marchés… » Pour les quinze hectares restants, Lionel Dupont mise sur…

