Les résultats récents du concours de la police au Cameroun ont suscité une vive polémique dans le pays. Des allégations de tribalisme ont émergé, jetant ainsi une ombre sur la publication de ces résultats il y a quelques jours.
Selon une analyse approfondie effectuée par notre confrère Paul Chouta, sur les 526 inspecteurs de police déclarés admis à l’école de police, plus de 450 proviennent du même groupe ethnique que le président de la République. Cela représente 85% des admis.
« D’après les chiffres, 85% des admis appartiennent au même groupe ethnique que Paul Biya, laissant seulement 15% des places pour le reste du Cameroun. En d’autres termes, sur les 526 candidats admis à l’école de police, 450 sont issus de la même aire culturelle que le président Biya, ne laissant que 76 places pour le reste du pays« , écrit Paul Chouta.
Ce parallèle établi par notre confrère avec les causes de la crise anglophone, qui a donné naissance à la guerre du Noso, est préoccupant.
« Dans un pays où une guerre de sécession a éclaté au Noso en raison du sentiment d’exclusion et de marginalisation ressenti par les anglophones, les résultats actuels du concours d’entrée à l’école de police ne sont pas seulement le reflet d’un tribalisme choquant ou d’une cécité politique, mais ils témoignent également d’une irresponsabilité révoltante. »
Il est temps que même ceux qui ont bénéficié de favoritisme tribal dans les concours au Cameroun depuis des décennies se révoltent contre cette pratique, en solidarité avec le reste du pays qui est victime de la marginalisation d’un régime tribaliste et irresponsable », poursuit Paul Chouta.
Cette obsession du régime à marginaliser dans un pays déjà en proie à la guerre pose question, se demande Paul Chouta.
« Il nous a été expliqué autrefois qu’il fallait éliminer le mérite dans les concours afin de favoriser une politique d’équilibre régional, qui offre des chances égales aux enfants de toutes les régions du Cameroun. Cependant, les faits observés montrent qu’il n’y a ni mérite ni équilibre régional dans l’admission aux grandes écoles du pays. Seul le clientélisme et surtout le tribalisme prévalent dans le choix des candidats admis à ces institutions. Après l’école de police, nous pouvons observer un scénario similaire à l’Enam, à l’iric ou à l’emia, par exemple. Et cela se poursuit avec des nominations tribales dans divers services de l’État. C’est absolument scandaleux et désespérant dans un pays qui prône le vivre ensemble. Tout pour nous et rien pour les autres. Malgré cela, le Rdpc s’attend à ce que les Camerounais élisent son candidat lors de la prochaine élection présidentielle, pour perpétuer la marginalisation et le tribalisme excessif au Cameroun« , conclut notre confrère.
Il est essentiel que ces allégations de tribalisme soient examinées de manière approfondie et que des mesures soient prises pour garantir l’équité et l’inclusion dans les processus de sélection des grandes écoles et des nominations dans les services de l’État. Le Cameroun doit aspirer à un avenir où tous les citoyens ont les mêmes chances de réussite, indépendamment de leur origine ethnique.







