Tout a commencé en Pologne l’année dernière, lorsque Maciej Grzywaczewski a découvert la pellicule photographique dans le grenier de la maison d’un membre de la famille : au fond d’une vieille boîte d’archives appartenant à son père, mort en 1993, Zbigniew Leszek Grzywaczewski, dormaient les négatifs de 48 photos datant de la seconde guerre mondiale. Un véritable butin de mémoire. Parmi ces 48 photos, 33 ont été prises vers le 20 avril 1943. Elles témoignent du ghetto de Varsovie en plein soulèvement de ses résistants juifs et montrent la répression nazie sans artifice.
Avec ses collègues, Zbigniew Leszek Grzywaczewski, un jeune pompier de 23 ans, était chargé de veiller à ce que l’incendie déclenché par les troupes nazies dans le ghetto ne se propage pas au reste de la ville… « L’image de ces gens traîne hors des bunkers resteront gravés dans ma mémoire pour le reste de ma vie », écrit dans son journal – également découvert par son fils – le photographe amateur, à propos des événements qu’il a ensuite pu immortaliser.
Dépasser le regard des bourreaux
Cette découverte n’est pas entièrement le fruit du hasard. L’existence de 12 de ces images était déjà connue des spécialistes de l’Holocauste, mais seulement sous forme d’empreintes sur du papier de mauvaise qualité et étroitement recadré.
Elles avaient été transmises par le pompier à une famille juive cachée dans son appartement qui, après la guerre, avait émigré aux États-Unis. Dans les années 1990, elle en a fait don au Mémorial de l’Holocauste à Washington. En pleine préparation d’une exposition sur le ghetto de Varsovie, en août 2022, le Musée Polin, musée de l’Histoire des Juifs de Pologne, contacte la famille du photographe de la série conservée au mémorial américain, dans l’espoir de trouver d’autres clichés… C’est ainsi que le mercredi 18 janvier 2023, en ce début d’année de ce 80e anniversaire de la commémoration de l’insurrection du ghetto de Varsovie, le Musée Polin a pu dévoiler dans leur état initial ces 33 photographies de l’insurrection de Varsovie .
Prises en secret par Zbigniew Leszek Grzywaczewski, ces images contrastent avec celles produites par la propagande nazie. Ce sont des images rares qui permettent de porter un nouveau regard sur l’événement. « Ce film est un document inestimable car il dépasse la perspective allemande (…), celle des bourreaux qui ont photographié les Juifs comme des victimes déshumanisées, anonymes », a souligné Jacek Leociak, historien de la Shoah, lors d’une conférence au musée Polin. rapporté par l’AFP.
Ce film est un document inestimable car il dépasse le point de vue allemand (…), celui des bourreaux qui ont photographié les juifs comme des victimes déshumanisées et anonymes » Jacek Leociak, historien de l’Holocauste
Il raconte ce passé, l’histoire du ghetto juif de Varsovie à la veille de la…

