Monte-Carlo (Monaco), envoyé spécial.
Bruno Mantovani, directeur artistique du Printemps des arts de Monte-Carlo, peut savourer sa joie. Cette édition, intitulée « Ma fin est mon début » et placée sous l’égide des musiques d’Amérique et d’ailleurs, a répondu à toutes les attentes. Du classique pur à la musique actuelle, pour ne pas dire contemporaine, ce Printemps a proposé une palette large et colorée qui montre bien que la fin peut être un début. Parmi les choix de Bruno Mantovani, il y a aussi des commandes : François Meïmoun avec Antigone et Laurent Stocker, récitant sur un texte de Géraldine Aïdan, ou encore Philippe Schoeller qui a présenté extase, deux perles viennent s’insérer entre Steve Reich, Bartok ou Ligeti. Et puis, la figure de Betsy Jolas, compositrice franco-américaine, a flotté au-dessus de la principauté. Entretien.
Votre salle bTunes, joué à Monaco, avait été créé en septembre 2022 à Londres. En décembre, la Philharmonie de Paris a accueilli une nouvelle pièce. Vous avez une longue carrière derrière vous et pourtant vous n’arrêtez pas ?
Tout le monde sait maintenant que j’ai 96 ans (rires). J’essaie d’arrêter tranquillement de composer autant. Je pensais que mon dernier travail, Dernier, donnée à la Philharmonie serait vraiment la dernière. Mais Simon Rattle (Directeur musical du London Symphony Orchestra – NDLR), que je connais, m’a envoyé un adorable mot me demandant si je ne voulais pas écrire une autre pièce pour les 75 ans du Festival d’Aix-en Provence . Comment refuser ? est à propos bTunes, vous l’évoquiez, je suis parti du constat que les gens ne prennent plus le temps d’écouter de la musique. Ils utilisent des listes de lecture. Et, pour traiter ce problème, j’ai choisi le mode de l’humour bien que le sujet m’attriste.
Écouter de la musique en faisant autre chose, ce n’est pas l’écouter. La musique vous parle d’une manière différente. Il faut lui accorder l’attention qu’il mérite.
D’où cette mise en scène d’un orchestre sans pianiste et sans chef qui doit s’appuyer sur le premier violon pour commencer. Sur ce, les deux absents accourent car ils sont en retard. Le pianiste, sans même s’asseoir, appuie sur une touche du clavier comme s’il voulait tester la qualité du piano !
Comment êtes-vous venu à la composition musicale ?
J’ai commencé à composer presque en même temps que j’apprenais le piano, c’est-à-dire très tôt. Vers 12-13 ans, j’écrivais de petites pièces, non seulement pour piano mais aussi pour d’autres instruments. Je jouais aussi d’une sorte de flûte en bambou que j’avais fabriquée. Il faut dire que j’étais entouré de gens extrêmement sensibles à la musique, à la peinture, à la littérature. J’ai baigné dans ce qu’on appelle généralement dans les biographies un environnement favorable ! Je n’envisageais pas d’autre carrière que dans…

