Le terrain des Grands Moulins de Strasbourg par leurs propriétaires ?

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« Même les pigeons ne viennent plus », note René Dambach, l’élu CGT au CSE. Sur l’immense empreinte industrielle située en bord de Rhin dans le port de Strasbourg, la noria des camions apportant du blé ou sortant de la farine a en effet complètement cessé. « Nous l’attendions depuis longtemps », déclare René Dambach.

Car si l’annonce de la fermeture des Grands Moulins fondés en 1865 a été annoncée le 12 avril lors d’un CSE extraordinaire, les salariés n’avaient pas travaillé depuis janvier. « On a pointé, on est allés au réfectoire et on a attendu », témoigne Agim Sabani, délégué CGT, 33 ans d’ancienneté dans l’entreprise.

Jusqu’à 2 000 tonnes de blé par jour

Comment l’une des plus grandes minoteries d’Europe, traitant jusqu’à 2 000 tonnes de blé par jour, en est-elle arrivée là ? Pour les salariés, il ne fait aucun doute que l’abandon du site a été organisé. « C’était une volonté d’Avens d’arrêter toute activité de transformation à Strasbourg », assure Dorothée Untergberger, la déléguée générale de l’Union des syndicats des travailleurs de l’agroalimentaire.

Retourner. 2019, le groupe franco-sénégalo-libanais ADVENS, qui reprend les Grands Moulins de Strasbourg fondés en 1865, s’engage à poursuivre l’activité et à réaliser les investissements nécessaires. La ville de Strasbourg et la Métropole Urbaine, qui endossent aujourd’hui les arguments avancés par la direction d’ADVENS pour justifier la fermeture du site, parlent d’une entreprise « mise à rude épreuve par la réduction drastique de la consommation de pain » et par « la flambée des prix du blé et de l’énergie suite à la guerre en Ukraine.

« La hausse des prix est une excuse du patron »

Outre le fait qu’aucune enquête ne confirme une baisse « drastique » de la consommation de pain ces derniers mois, la hausse du prix du blé répercutée sur le pain, « reste bien en deçà de celle de l’ensemble de l’alimentation », selon la « Meunerie française », d’après les chiffres de l’INSEE Par ailleurs, le blé transformé par les Moulins de Strasbourg provient d’Alsace et des régions limitrophes.

« La hausse des prix est une excuse du patron », lance René Dambach, qui note que c’est au contraire la direction des Moulins qui refuse d’approvisionner ses clients depuis début 2022. « Comment vont les autres moulins ? action? Le prix du blé a augmenté pour tout le monde », se souvient-il.

Spéculation massive sur le blé

« Tous les autres meuniers qui ont récupéré les clients auxquels on ne répondait plus, se frottent les mains, ils travaillent à plein régime », observe le délégué CGT Agim Sabani. Pire encore, Sud Solidaires et la CGT accusent les dirigeants d’Advens d’avoir spéculé massivement sur le prix du blé en l’achetant à bas prix « pour le revendre quand les prix étaient au plus haut, au lieu de…

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