Byung-Chul Han fait partie des grands penseurs du numérique, mais ne vous y trompez pas, c’est avant tout pour dire le plus grand mal. Selon lui, le digital ne pense pas mais il calcule, c’est même le propre de l’homme digital, qui passe son temps à compter et à énumérer : les « amis » Facebook sont « comptés », alors que l’amitié c’est quelque chose qui se raconte, il écrit déjà dans son essai « Dans la nuée » (éd. Actes Sud, 2016). Aujourd’hui, Byung-Chul Han sait plus que jamais qu’il faut cultiver son jardin, car la numérisation du monde fait disparaître la Terre, dit-il dans « Un voyage dans les jardins. Éloge de la Terre », où il entend faire fleurir son propre jardin en hiver, avec son cerisier du Japon, son jasmin d’hiver, ses camélias, ses anémones… « Jusqu’au plus profond de l’hiver, mon jardin est en fleurs », se réjouit le philosophe coréen qui vit en Allemagne depuis plus de trente ans – et c’est même jusqu’au bout pour nous ramener à la nature, au bonheur, pour « habiter la Terre », pour nous rendre l’Etre et le temps que nous manque tellement.
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