Réagissant au deuxième volet du blockbuster Black Panther de Marvel Studios, le ministre français des Armées a dénoncé « une représentation mensongère et fallacieuse » de l’action de l’armée française en Afrique.
« Je condamne fermement cette représentation mensongère et fallacieuse de nos armées » : Plus habitué à critiquer le groupe Wagner, accusé par Paris de diffuser fausses nouvelles anti-français en Afrique, Sébastien Lecornu ne s’attendait sans doute pas à braquer son arme contre une super production américaine. Dans un tweet, le ministre des Armées a fustigé ce 12 février la représentation des militaires français dans le film Panthère noire : Wakanda pour toujours.
Je condamne fermement cette représentation mensongère et mensongère de nos Forces Armées.
Je pense et rends hommage aux 58 soldats français morts en défendant le Mali à sa demande contre les groupes terroristes islamistes. https://t.co/KpnFIcatPt
— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) 12 février 2023
Dans une scène de ce Marvel, on peut voir des mercenaires captifs, agenouillés devant la reine de Wakanda, un royaume africain fictif. Accusés de piller les ressources de ces derniers, ces paramilitaires sont vêtus d’uniformes similaires à ceux des soldats français déployés au Mali jusqu’en août dernier, et parlent français dans la version originale du film. Un ministre français doit également répondre de leurs actes devant les Nations unies. « La France est clairement désignée comme une nation voulant accaparer les ressources wakandaises dans l’avant-poste situé à Ansongo, dans la région de Gao au Mali », décrypte sur Twitter le journaliste Jean Bexon, dont le tweet a été cité par le ministre de la Défense Sébastien Lecornu.
Sorti début novembre dans les salles françaises, ce film au succès international est disponible depuis le 1er février (sauf en France) sur les streaming de Disney qui possède Marvel.
Lecornu en colère, mais respectueux de la liberté artistique
Auprès de l’AFP, l’entourage de Sébastien Lecornu souligne « la colère du ministre en voyant le film », alors que la France accuse aussi régulièrement la Russie de lui mener une guerre de l’information en manipulant – selon elle – l’opinion publique sur son travail dans la région.
Le ministère admet la liberté d’une « œuvre artistique » dont la France ne réclame ni le retrait ni la censure. En revanche, « il ne peut y avoir de révisionnisme sur l’action récente de la France au Mali : nous sommes intervenus à la demande du pays pour lutter contre des groupes terroristes armés loin de l’histoire racontée dans le film, à savoir une armée française qui vient piller son ressources naturelles», précise-t-on auprès de l’agence de presse française.
« C’est le rôle du ministre de défendre les résultats des opérations Serval et Barkhane », déployées respectivement en 2013 et 2014 à la…

