Le FLNKS attend Darmanin de pied ferme

Cameroun Actuel
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Sur quelle base les séparatistes kanaks et calédoniens entendent-ils entamer des discussions avec l’Etat ? Voilà tout l’enjeu de ce 41e congrès important, vingt-cinq ans après l’accord de Nouméa, qui prévoyait un processus de décolonisation ponctué par trois référendums d’autodétermination. C’est à l’Anse Vata, un quartier de Nouméa qui doit son nom à la longue plage qui le borde, que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) s’est réuni. Avec deux jours distincts, explique Dominique Fochi, secrétaire général adjoint de l’Union calédonienne (UC) : « Samedi avec les quatre composantes historiques du Front (Union calédonienne, Parti de libération kanak, Rassemblement démocratique océanien et Union populaire mélanésienne – NDLR), puis dimanche avec des invités et toutes les organisations du mouvement indépendantiste. » Objectif : « Préparer, comme nous le faisons depuis plusieurs semaines, des discussions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie », il dit. Et parler d’une seule voix avec l’État, qui attendait ce congrès pour venir débattre : Gérald Darmanin y sera du 2 au 8 mars. Avec le même horizon pour le FLNKS et toutes les forces séparatistes, qu’elles soient politiques avec les Ouvriers Parti, ou syndicats comme l’USTKE (Union des Travailleurs Kanak et Exploités) : indépendance, ou comme on l’appelle depuis l’accord de Nouméa : « pleine souveraineté ».

Méfiance et incompréhension

La visite du ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer – des fonctions dont la juxtaposition laisse perplexe dans tout l’outre-mer – prend ainsi un caractère historique : après les trois référendums de 2018, 2020 et 2021, la méfiance et l’incompréhension règnent. Car, depuis 2021, le fossé s’est creusé entre les séparatistes et l’État. En cause, avant tout, le troisième référendum, maintenu à marche forcée par l’Etat le 12 décembre 2021, alors que la pandémie de Covid-19 faisait rage dans l’archipel, et boycotté par les séparatistes. Pour une autre raison aussi, souvent passée sous silence : attendu depuis plusieurs années, le document listant les conséquences du oui et du non au référendum avait finalement été publié par l’Etat, en juillet 2021. Avec plusieurs années de retard donc… Sa publication a provoqué l’amertume du mouvement indépendantiste par son caractère très évasif, voire désinvolte, qui pourrait se résumer par une formule : « Faites votre chemin ». De quoi faire le jeu du camp anti-indépendantiste, qui n’a pas hésité à attiser les craintes : effondrement économique, isolement du pays, ombre de la Chine, et même perte de nationalité.

Au final, une élection dont le résultat de 96,5% pour le non à l’indépendance est toujours contesté, y compris avec l’ONU, qui ne s’est pas encore officiellement prononcée. Pour Dominique Fochi, « ce référendum a été…

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