Selon le rapport de la première édition du forum économique et financier axé sur le thème de l’inclusion financière de la diaspora et de la finance durable, le Crédit Foncier du Cameroun (CFC) a alloué 10,9 milliards de Fcfa aux clients de la diaspora de 2012 à 2020. Cette allocation représente environ 7 % du volume total des prêts accordés à la diaspora par le CFC, qui joue un rôle clé dans le financement des projets visant à promouvoir l’habitat.
Parmi les quatre catégories de clients ciblées par le CFC, la diaspora se concentre sur deux d’entre elles, à savoir les porteurs de projets à usage personnel, tels que l’acquisition de résidences principales ou secondaires, et les porteurs de projets à usage locatif, notamment l’investissement dans des immeubles de rapport ou des cités universitaires.
Cependant, malgré ces efforts, une comparaison entre le portefeuille de crédit accordé et une estimation du potentiel du Crédit Foncier révèle un déséquilibre important entre sa capacité d’emprunt et son pouvoir d’achat. Cette situation est due aux difficultés rencontrées avec la clientèle de la diaspora, notamment la méconnaissance du véritable potentiel de cette dernière, incluant le nombre de personnes, les pays de résidence, ainsi que leurs capacités techniques et financières, ainsi que leurs besoins spécifiques.
De plus, l’insuffisance des représentations du CFC à l’étranger limite la proximité et la disponibilité pour assister les clients. Cela se traduit par l’indisponibilité des clients, notamment en ce qui concerne la fourniture des documents requis et la signature des demandes de prêt du CFC. De plus, il existe des problèmes de qualité ou de fiabilité des pièces fournies par les clients, rendant difficile l’évaluation de la stabilité de l’emploi et des revenus. Les difficultés à évaluer la fiabilité des employeurs des clients et à mener des études sur leur notoriété et leur viabilité sont également des obstacles. Enfin, les problèmes liés à la double nationalité des clients peuvent poser des complications administratives.
Malgré ces défis, le Crédit Foncier du Cameroun a joué un rôle essentiel dans le développement du secteur de l’habitat au Cameroun. Entre 1978 et 2021, il a accordé des financements d’une valeur de 492,583 milliards Fcfa, dont une partie provenant des fonds propres du CFC. Grâce à ces financements, l’établissement financier a permis la construction de 92 245 logements, comprenant des résidences, des immeubles locatifs et des cités municipales. De plus, il a également aménagé 16 373 terrains constructibles, comprenant des terrains nus et des lotissements aménagés, et a fourni des équipements sociaux pour 17 communes, tels que des marchés, des gares routières et des parkings.
Il est essentiel que le Crédit Foncier du Cameroun continue à renforcer ses efforts pour améliorer l’inclusion financière de la diaspora et promouvoir la finance durable. Cela pourrait inclure l’expansion de ses représentations à l’étranger afin de mieux servir les clients de la diaspora, ainsi que la mise en place de mesures visant à mieux comprendre les besoins spécifiques de cette clientèle. En travaillant en étroite collaboration avec la diaspora, le CFC peut jouer un rôle clé dans le développement économique et social du Cameroun, en favorisant l’accès à l’habitat et en soutenant la croissance durable de l’économie.







