Le gouvernement camerounais a annoncé son intention de développer une usine locale de production d’armes, selon un rapport de l’Institut national des statistiques (NIS). Cette initiative vise à réduire la dépendance du pays aux importations d’arsenal de guerre.
Le rapport du NIS détaille les dépenses militaires du Cameroun, révélant que le gouvernement a dépensé 5,5 milliards de francs CFA pour l’importation d’armes en 2023, soit une augmentation significative par rapport aux 1,7 milliard de 2022. En termes de volume, le Cameroun a importé 674,5 tonnes d’armes, de munitions et d’accessoires en 2023, contre 475 tonnes l’année précédente, marquant une hausse de 42 %.
Les raisons précises de cette augmentation des importations d’armes n’ont pas été spécifiées dans le rapport, et les fournisseurs d’armes ne sont pas mentionnés. Cependant, les analystes attribuent cette augmentation aux divers conflits armés auxquels le Cameroun est confronté. Depuis 2017, le pays est en guerre contre les séparatistes armés dans les régions anglophones. Les forces gouvernementales ont subi des pertes matérielles et humaines considérables, avec des séparatistes qui acquièrent de plus en plus d’armes en attaquant les postes et le personnel militaires.
En outre, le Cameroun, en collaboration avec ses pays voisins, lutte contre la secte terroriste nigériane Boko Haram, qui mène des attaques dans la région de l’Extrême-Nord du pays.
Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, avait déjà révélé en 2023, lors d’un discours au Parlement, que le gouvernement, en partenariat avec la Turquie, envisageait de construire une usine de production de munitions à Garoua, dans la région du Nord. Cette usine locale de production d’armes est donc une étape supplémentaire dans les efforts du Cameroun pour renforcer son autonomie en matière de défense et de sécurité.

