Il aura fallu deux ans à l’Académie des Césars pour analyser et réagir à la flamboyante sortie de l’actrice Adèle Haenel lors de la cérémonie 2020. « La honte », avait-elle lancé après la consécration de Roman Polanski, César du meilleur réalisateur pour son film J’accuse, après douze nominations dans la soirée. Le César, oscarisé, mais aussi Palme d’or est accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles et est toujours poursuivi par la justice américaine dans une affaire d’abus sexuels sur mineur. Des accusations, en partie démenties par le cinéaste, qui ne l’ont jamais empêché d’être récompensé par ses pairs. Mais Adèle Haenel avait jeté la première pierre dans l’étang. L’écrivaine Virginie Despentes avait immortalisé la scène avec l’une de ses punchlines définitives, « On se lève et on casse », un slogan désormais incontournable dans toutes les manifestations féministes contre le patriarcat. Deux ans plus tard donc, l’Académie des Césars change ses règles et prend officiellement position contre les violences sexistes et sexuelles.
l’affaire Sofiane Bennacer met l’organisation au pied du mur
« Par respect pour les victimes (même présumé en cas de mise en examen ou de condamnation non définitive)écrit l’Académie dans un communiqué, il a été décidé de ne pas mettre en évidence les personnes qui seraient mises en cause par la justice pour des faits de violence. » En réalité, une nouvelle affaire ne leur laissait pas le choix. Une enquête révélant l’inculpation pour viol de l’acteur Sofiane Bennacer, fin novembre, a mis l’organisation au pied du mur. La révélation du film de Valeria Bruni-Tedeschi amandiers faisait en effet partie des personnes sélectionnées cette année, avant d’être exclue en raison de son actualité judiciaire. Désormais, la situation pour la remise des prix aux professionnels du 7ème art français est…

