Alors que les zadistes de Haget s’apprêtent à partir, le propriétaire du terrain squatté Stéphane Cazaban est convoqué devant le tribunal d’Auch pour « violations des dispositions du PLU ».
« C’est là, sur ce terrain communal de 8 hectares, que sera implanté le futur parc. C’est dommage, c’est joli ici, il va falloir tout raser », témoigne Stpéhane Cazaban depuis la route qui mène à ses terres et ses ruches. L’agriculteur possède quelques hectares à Haget pour ses abeilles.
Dans quelques mois, un parc photovoltaïque devrait sortir de terre, à quelques dizaines de mètres d’eux. Depuis des années, Stéphane Cazaban tente de s’opposer à ce projet. Infructueux jusqu’à présent. Avec son voisin Jean-Pierre Esteyrie et l’association Les Amis de la terre 32, ils ont déposé un recours auprès du tribunal administratif de Pau.
« Nous nous sommes attaqués au projet et au permis de construire délivré par la préfecture du Gers ». Mais en attendant, une autre nomination judiciaire se profile pour l’agriculteur. Le 23 mai au tribunal d’Auch, Stéphane Cazaban comparaîtra pour « violations des dispositions du plan local d’urbanisme ».
En cause, les cabanes construites par quelques zadistes sur son terrain, à quelques mètres du futur parc photovoltaïque. En septembre dernier, une dizaine de personnes s’y sont installées et ont créé la « ZAD de L’Orchide ». Mais la zone est depuis peu désertée et les constructions de fortune devraient bientôt disparaître.
« Honnêtement, c’est assez grotesque. Je n’ai rien demandé, je n’ai installé personne. Je n’ai pas construit ces cabanes. Aujourd’hui, on m’accuse donc de détruire l’environnement, alors que justement je me bats pour l’exact opposé », s’agace l’agriculteur.
« Palettes les unes sur les autres »
« J’ai été convoqué par les gendarmes pour la première fois après une réunion que nous avons tenue devant la mairie de Haget. J’ai été accusé de « participation à une manifestation interdite ». Puis, en février 2023, je suis à nouveau convoqué pour ‘exécution de travaux non autorisés par un permis de construire’ et je suis donc convoqué au tribunal. Mais je n’ai participé à rien, et ces huttes n’ont même pas de fondations. Ce sont des palettes en bois posées les unes sur les autres ».
L’agriculteur, s’il ne cache pas partager l’opposition idéologique des zadistes à ce projet, assure que la proximité s’arrête là. « Bien sûr, nous nous battons contre le même projet. Mais on me dit que je suis le bénéficiaire de ces cases… Je n’ai pas donné mon autorisation. Certes, je n’ai fait aucune démarche pour les expulser, c’est tout. Mais de toute façon, dans quelques jours, ils seront partis et les huttes démantelées ».
Le 23 mai, une manifestation est également prévue devant le tribunal d’Auch en soutien à Stéphane…

