Quatorze personnes ont été reconnues « coupables » de subversion jeudi à Hong Kong lors du plus important procès contre des militants prodémocratie depuis que Pékin y a instauré une loi de sécurité nationale. Le prononcé des peines est attendu plus tard dans l’année.
Cette loi promulguée à la mi-2020 a permis d’écraser toute dissidence à Hong Kong après d’importantes manifestations prodémocratie, parfois violentes, en 2019 dans ce territoire du sud de la Chine.
Les autorités hongkongaises ont inculpé 47 figures de proue de l’opposition, issues de l’ensemble du spectre politique, pour « conspiration à des fins de subversion », affirmant que leurs activités politiques visaient à faire tomber le gouvernement.
La justice s’est prononcée jeudi sur le cas des seize accusés qui, parmi les 47, avaient plaidé non coupables. Les ex-députés « Long Hair » Leung Kwok-hung et Ray Chan ainsi que l’ancienne journaliste Gwyneth Ho font partie des 14 accusés reconnus coupables de subversion. En revanche, le tribunal a déclaré non coupables deux anciens conseillers de district.
Réclusion à perpétuité encourue
Les militants condamnés avaient prévu de saper l’autorité du gouvernement et, « selon nous, cela aurait entraîné une crise constitutionnelle pour Hong Kong », ont écrit trois juges de la haute cour. Les trois magistrats avaient été triés sur le volet.
La plupart des accusés sont derrière les barreaux depuis 2021. Tous ont été inculpés en 2021 de « conspiration en vue de commettre des actes de subversion », des faits passibles de la réclusion à perpétuité. Ils sont poursuivis pour avoir organisé en 2010 une élection primaire officieuse destinée à sélectionner des candidats de l’opposition en vue des législatives.
Leur objectif était d’obtenir une majorité au sein de l’assemblée partiellement élue de la ville, afin d’opposer notamment leur veto aux budgets et de forcer potentiellement à la démission la dirigeante pro-Pékin de Hong Kong alors en place, Carrie Lam, selon le parquet.
La défense a fait valoir que la loi fondamentale, qui sert de constitution à Hong Kong, prévoyait les mécanismes permettant ce projet et qu’il s’agissait donc « d’une question purement politique plutôt que d’une question juridique ».
Pas de jury
Le procès s’est tenu sans jury, ce qui constitue une entorse à la tradition judiciaire de Hong Kong.
L’affaire a été suivie de près par la communauté…

