La raison est dans la rue

Cameroun Actuel
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N’en déplaise à un Emmanuel Macron muré dans son mépris de classe, aujourd’hui comme hier, le 1er mai 1886, quand 200 000 ouvriers américains s’étaient arrachés la journée de 8 heures, la raison est du côté de la Rue. Ce 1er mai 2023 portera la longue tradition des luttes d’émancipation qui ont aussi permis aux salariés de conquérir de nouveaux droits. Mais ce sera exceptionnel, après des mois de grèves et de mobilisation sans précédent contre la retraite à 64 ans. La validation par le Conseil constitutionnel de cette réforme tant décriée ne la rend pas plus légitime. Nul ne peut accepter de se faire voler deux ans de sa vie sans broncher, alors qu’aucun impératif ne le dicte. L’allongement de la durée de cotisation des salariés est une autre révérence insupportable aux marchés financiers et aux multinationales.

Avec la promulgation hâtive de sa loi, le président de la République a cru pouvoir tourner la page, comme si le pouvoir législatif et les revendications citoyennes pouvaient être anéantis d’un trait de plume. Non content de cracher au visage de la majorité des femmes et des hommes de ce pays, il promet de travailler plus dur dans « cent jours ». Et de revêtir les habits du sauveur suprême en s’assurant qu’il viendra au chevet des hôpitaux publics et des écoles étouffées par sa politique d’austérité. A part une poignée d’irréductibles, plus personne ne croit Emmanuel Macron. Lui et ses lieutenants ne peuvent plus mettre le nez dehors sans se faire moquer. Ils sont haïs par une population qui peine à joindre les deux bouts, et à qui on ne cesse d’exiger des sacrifices, sans jamais aucune compensation.

Face à la colère sociale, la Macronie a opté pour la radicalisation. Des femmes et des hommes sont placés en garde à vue au seul motif qu’ils ont osé critiquer le chef de l’Etat sur la place publique. Des intellectuels reconnus – qui ne peuvent être soupçonnés d’être de dangereux subversifs – voient leur nom mis en lumière parce qu’ils remettent en question le bien-fondé d’options et de méthodes douteuses. L’opposition de gauche est qualifiée d’« extrémiste ». Cet autre qui pense différemment est vu comme un ennemi intérieur. Cette dérive est très dangereuse. Ce n’est pas parce qu’on placera, demain, un agent de la Brav-M derrière chaque manifestant qu’il s’inclinera.

Macron croit qu’il peut gouverner la France. Mais ce n’est ni une banque ni une dictature. Le fossé démocratique creusé par cette élite décadente ne sera pas comblé par des matraques et des injonctions arrogantes. L’intersyndicale le répète avec force. Elle appelle à faire de ce 1er mai une puissante journée de mobilisation pour le retrait de la réforme. Autre motif de révolte : la revalorisation des salaires, dévorée par les entreprises du CAC 40 qui monopolisent la richesse produite par les salariés pour distribuer,…

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