Les leaders de la majorité présidentielle réclament des sanctions contre les députés qui ont participé à la manifestation interdite par le collectif « Justice pour Adama ». La perspective de sanctionner des parlementaires reste peu probable et risquée.
« Tout membre de l’Assemblée se livrant à des manifestations troublant l’ordre peut être passible de sanctions disciplinaires » : les présidents des trois groupes de la majorité présidentielle ont réclamé des sanctions contre leurs collègues du Nupes le 10 juillet à poster adressée à la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.
Accusés d’avoir participé à la manifestation interdite en hommage à Adama Traoré le 8 juillet, dix élus insoumis et écologistes sont visés par Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance, Jean-Paul Mattei du groupe MoDem et Laurent Marcangeli d’Horizons.
Les trois présidents de groupe ont rappelé le motif de « risques de trouble à l’ordre public » qui a motivé l’interdiction de la marche. « Ces députés portaient à cette occasion leur écharpe tricolore et maintenaient leur présence à une manifestation avec pour slogan « tout le monde déteste la police » », argumentent-ils encore.
Parmi les élus présents à cet événement figuraient trois figures centrales du Nupes : la présidente du groupe LFI à l’Assemblée Mathilde Panot et le président de la commission des finances Eric Coquerel ainsi que la très médiatisée élue écologiste Sandrine Rousseau.
La majorité tente d’ostraciser les Nupes
En adressant une missive au président de l’Assemblée nationale, les élus de la majorité ont envoyé un signal politique en direction de la gauche Nupes. Après « l’arc républicain » évoqué par la Première ministre Elisabeth Borne, notion qui exclut des éléments du Nupes et du Rassemblement national, c’est donc aux parlementaires de la majorité d’attaquer leurs collègues.
En conférence de presse, le député du MoDem Philippe Vigier a assumé une volonté commune aux trois partis de la majorité de voir sanctionnés les députés qui ont participé à cette manifestation. « Nous avons exprimé notre indignation et notre souhait que les députés qui ont participé à une manifestation soient sanctionnés par des sanctions financières », a déclaré l’élu d’Eure-et-Loir.
Non. Ce slogan n’est pas une alerte.
C’est un mensonge, destiné à faire honte aux forces de l’ordre.
Simple. Basique. pic.twitter.com/07BRgLEfMf
—Marc Ferracci (@FerracciMarc) 9 juillet 2023
Le député corse Laurent Marcangeli a dénoncé « des manifestations au cours desquelles des slogans […] particulièrement hostiles à nos forces de l’ordre ». La question des slogans contre les forces de l’ordre est au cœur des critiques de la majorité et a donné lieu à de vifs échanges…

