La destruction du bidonville « Talus 2 » prévue mardi 25 avril a été annulée par la justice. Elle devait suivre le lancement de l’opération Wuambushu pour réduire l’immigration clandestine à Mayotte.
Le tribunal judiciaire de Mamoudzou, à Mayotte, a suspendu lundi 24 avril l’opération de destruction du bidonville « Talus 2 » du quartier de Majicavo, dans la commune de Koungou, prévue mardi matin à 5h00 heure de Paris, selon une décision de auxquels franceinfo a pu accéder. La justice avait été saisie en référé par une vingtaine d’habitants de ce bidonville, représentés par un collectif d’une dizaine d’avocats.
>>> Les choses s’accélèrent à Mayotte où le gouvernement entend raser plus d’un millier de « bangas », des baraques en tôle situées à Majicavo. Les Français doivent être relogés et les étrangers expulsés.
Dans cette décision, le juge des référés « ordonne au préfet de Mayotte de cesser toute évacuation et démolition d’habitats » à Majicavo, ajoutant que « la destruction d’habitations (…) est manifestement irrégulière », « mettre en péril la sécurité » habitants. Ainsi, cette opération de destruction des bidonvilles est suspendue jusqu’à nouvel ordre. L’Etat peut former un recours contre cette décision.
France « ne s’arrêtera pas » l’opération « Wuambushu » lancée à Mayotte au nom de la lutte contre la délinquance et les bidonvilles, avait assuré dans l’après-midi, ce lundi, le préfet de Mayotte Thierry Suquet. « Les opérations (…) de lutte contre la délinquance et contre l’insalubrité de l’habitat, avec leurs conséquences sur l’immigration clandestine, nous ne les arrêterons pas »a-t-il déclaré à la presse, dans un parking de Tzoundzou, dans la banlieue de Mamoudzou.
Dans les bidonvilles menacés de destruction, habitants et représentants de l’Etat se préparent depuis plusieurs jours à cette première opération d’expulsion, prévue mardi à 5 heures du matin, heure française. (03h00 GMT). Dans ce bidonville de Koungou, 85 familles ont fait l’objet d’une expulsion dans le quartier « Talus 2 », un enchevêtrement de draps bleus et gris, accroché à une colline, où plus d’une centaine de familles vivent dans des conditions précaires. .

