Entré dans l’Union européenne en 1986, le Portugal a choisi de mettre en avant sa volonté d’être plus présent au sein de l’OTAN. Le pays a notamment fourni des chars Leopard à l’Ukraine, mais a également mené des manœuvres militaires conjointes avec la Finlande, qui a récemment rejoint l’alliance. « Ici l’Europe » reçoit João Gomes Cravinho, ministre portugais des Affaires étrangères depuis un peu plus d’un an.
Alors que João Gomes Cravinho exerce ses fonctions dans le cadre du conflit en Ukraine, il est confronté aux limites de l’Union européenne dans de nombreux domaines. « L’impact des sanctions [européennes] est très réel, et cela se voit sur la capacité militaire industrielle de la Russie. Toutes les décisions que la Russie a prises sont de profondes erreurs. Les conséquences économiques seront terribles et dureront des décennies », déplore-t-il.
Le ministre portugais des Affaires étrangères rappelle que les sanctions sont un outil non militaire et non violent qui ne peut arrêter la guerre aussi rapidement qu’espéré. « Mais la pression est bien réelle », dit-il.
Interrogé sur un potentiel retour des « blocs », le ministre dément cette éventualité : « On assiste à la construction d’une toute autre constellation. La Chine, qui a de grandes ambitions pour l’avenir, ne veut pas être mise dans une situation où la Russie et la guerre qu’elle a choisi de mener ne dominent pas la scène internationale. Il y a certes plusieurs pays qui veulent aider la Russie, mais ce n’est pas l’avenir imaginé par M. Lavrov [ministre des Affaires étrangères de Russie, NDRL]. Ce n’est pas très probable », a-t-il dit.
« Il n’y a aucune raison d’être très optimiste en ce moment », déplore João Gomes Cravinho. « Il est bon que la Chine, qui entretient un dialogue intense avec la Russie, entretienne également un dialogue avec l’Ukraine. C’est un message qui est envoyé à Moscou. »
Après plusieurs années de tension entre le Portugal et le Brésil, la visite du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a suscité de nombreuses réactions, parlant notamment de torts partagés dans le conflit en Ukraine. Le ministre portugais des Affaires étrangères a fait part de sa propre réaction : « Il faut se féliciter qu’ils comprennent qu’il ne s’agit pas seulement d’une guerre européenne, mais d’une guerre aux conséquences mondiales. […]. C’est une bonne initiative que le Brésil soit venu en Europe et qu’il s’engage sur cette question très préoccupante pour tout le monde », commence-t-il. Mais João Gomes Cravinho tergiverse également : « Nous avons réussi à avoir une déclaration commune sur l’Ukraine dans laquelle nous affirmer clairement l’intégrité territoriale et condamner l’invasion russe. Nous progressons. Cela fait partie du processus de réintégration du Brésil dans les…

